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L’école à 26 vitesses

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19.09.2026

Il y a quelques années, je suis allé cueillir Magdeleine Vallières Mill à son école, à Sherbrooke, et je l’ai ramenée chez moi. Ce soir-là, elle devait garder nos enfants à la maison. Je ne tenais pas encore une chronique de sports dans les pages du Devoir. Et elle, elle n’était pas encore championne du monde de vélo.

Magdeleine fréquentait alors le programme sport-études en cyclisme de l’école secondaire du Triolet. Le remuant blondinet qu’elle devait garder à l’œil dans notre chaumière y aboutirait un jour, dans le programme de football. Je ne sais pas pour elle, mais notre fils, doté d’un esprit rapide et d’une mémoire phénoménale, s’était beaucoup ennuyé dans le programme régulier de son école primaire. Si le football n’allait pas réussir l’exploit de lui faire aimer l’école, il lui rendrait du moins la vie scolaire plus supportable.

Or, le sport-études fait partie de ces « programmes particuliers sélectifs [qui exacerbent] la ségrégation et les inégalités sociales », comme on pouvait le lire dans La Presse en 2024. L’autrice de l’article intitulé « L’école à trois vitesses », Suzanne Colpron, expliquait qu’une plus grande mixité sociale dans les classes favoriserait l’espèce d’effet d’aspiration vers le haut, déjà observé par les chercheurs, dont semblent bénéficier les écoliers plus lents qui côtoient des élèves plus doués.

On y lisait aussi que l’abolition du financement public des écoles privées aurait pour conséquences « la disparition de la plupart des écoles privées […] et une pression énorme sur le secteur public pour accueillir les élèves qui ne pourraient plus payer les droits de scolarité du privé ». Là, j’avoue ne pas comprendre.........

© Le Devoir