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Pour la grève des travailleuses du sexe

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23.05.2026

Le samedi du Grand Prix, à l’initiative du Comité autonome du travail du sexe (CATS), des travailleuses du sexe de divers milieux (salons de massage et bars de danseuses) s’organiseront et feront la grève. Créé en 2019, le CATS est un projet d’organisation politique autonome lancé par des travailleuses et des travailleurs du sexe basés à Montréal. Nous militons pour la décriminalisation du travail du sexe et l’amélioration de nos conditions de travail.

À Montréal seulement, il existe environ 200 salons de massage et 25 bars de danseuses licenciés. Au sein de ces établissements, des milliers de travailleuses naviguent dans cet écosystème d’un univers qu’on qualifie de « zone grise ».

Nous continuons d’exercer ce travail dans des conditions précaires et dépassées, qui n’ont plus leur place aujourd’hui. Ni congé payé, ni salaire minimum, ni norme minimale du travail, ni protection en cas d’accident de travail. L’absence de protections laisse également derrière elle une absence de trace lorsque surviennent les violences auxquelles nous sommes exposées.

La couverture médiatique mondiale de la présente grève nous aura permis de mettre en lumière ces réalités sans que le regard se détourne cette fois-ci. En marge du Grand Prix, une myriade de gens déborderont d’opinions sur la dimension « sexuelle » du travail du sexe. Le débat public deviendra bruyant et moralisateur. Mais dès qu’il sera question de le considérer pour ce qu’il est — relevant de la dimension du « travail » —, il........

© Le Devoir