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Chronique|L’éléphant et les barbares Léa Stréliski

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22.08.2026

Ils ont sorti les chrysanthèmes. Ces vautours. Ces équarrisseurs de l’été. Comme des milliers de petits yeux, qu’ils me regardaient, les boutons de fleurs. Prêts à sonner le glas dès leur réveil. « Nous sommes là et tu sais ce que ça veut dire… » Le début de la fin. Le son de corne de la dernière période. Allez hop, on me remballe les limonades et les parasols, changement de tableau ! Que l’on m’apporte les citrouilles et les épouvantails, nous approchons de la Toussaint.

La Toussaint, franchement ! Comme si on savait ce que ça veut dire. C’est supposé symboliser cette fête de novembre, ces fleurs ? Ah ! et les deuils, les souvenirs des défunts. En creusant un peu, on se rend compte qu’elles sont surtout là parce qu’elles résistent au froid. Oui, c’est bien ça qu’elles symbolisent. LE FROID. La bise venue. Le vent du nord qui souffle et te fait aller crier famine chez la fourmi ta voisine. Le froid qui te rentre dans les os et te claque la face. Qui te rougit les joues et te fait blanchir les doigts jusqu’aux phalanges. Le froid qui veut nous garder en dedans. Nous emprisonner, nous cacher sous son grand manteau blanc. Oui, oui, c’est beau, là, on va y retourner en dedans ! On va les gratter, nos pare-brise, on va les monter, nos horribles abris Tempo !

Mais pas tout de suite, je t’en supplie, pas tout de suite. Parlant de laideur, figure-toi que dans mon........

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