Manque d’amour
Les membres du Parti libéral du Canada ont choisi Mark Carney comme chef, en 2025, en toute connaissance de cause. Bien que novice en politique, l’ancien gouverneur des banques centrales canadienne et britannique était loin d’être un parfait inconnu. Sa réputation en tant que patron hyperexigeant, et souvent colérique, l’avait précédé. Il avait gravi les échelons dans un secteur bancaire dominé par les personnalités de type A et avait évolué dans les cercles d’élites de la haute finance internationale. Spécialiste en gestion de crise, il ne comptait pas les heures de travail, et s’attendait à autant de ses collègues.
Des ex-collègues de M. Carney à Goldman Sachs, à la Banque du Canada et à la Banque d’Angleterre interrogés par les journalistes avaient tous souligné son tempérament volcanique, surtout envers ceux qui ne maîtrisaient pas suffisamment leurs dossiers à son goût. Deux expressions anglaises revenaient régulièrement dans les portraits du diplômé des universités Harvard et Oxford. « He does not suffer fools gladly » (Il ne supporte pas les imbéciles). « He considers himself the smartest person in the room » (Il se considère comme la personne la plus intelligente dans la pièce).
La plupart des libéraux savaient tout ça avant de l’élire comme chef.
Il n’empêche que, pour beaucoup de députés libéraux qui avaient travaillé sous Justin Trudeau, ce n’était pas une chose facile que de........
