S’incarner pour mieux se dire
Chaque semaine, Le Devoir offre un espace aux artisans d’un périodique. Cette semaine, nous vous proposons un extrait d’un texte du premier numéro du 50e anniversaire de la revue Jeu, no 197.
Nous avons au Québec une dramaturgie très forte, et nos dramaturges sont joués un peu partout dans le monde. Pourtant, plus de 50 ans après la création des Belles-sœurs, la musicalité de notre accent, quand elle n’est pas au service de pièces d’auteurs ou d’autrices d’ici, fait encore parfois sourciller. Serait-ce la trace d’un vieux complexe ?
En 2017, j’ai entamé une maîtrise en recherche création à l’École supérieure de théâtre de l’UQAM. Après 15 ans de pratique, je voulais analyser la question de la langue sur les scènes québécoises, plus particulièrement notre rapport au français normatif.
Un deuxième enfant, une pandémie, une paire de lunettes et une poignée de cheveux blancs plus tard (quatre ans !), j’en suis venue à bout. Un spectacle solo, (Dé)tourner sa langue, est né de ce parcours et il m’amène sur les routes du Québec depuis 2023. Je partage ici une partie des questionnements, recherches, extraits d’entretiens et réflexions tirés de mon mémoire : (Re)penser la langue théâtrale sur les scènes québécoises. S’incarner pour mieux se dire.
Dès les années 1960, « la québécitude s’inscrit........
