J’ai pleuré pour le Québec en devenir
La dernière fois que j’ai pleuré en pleine Saint-Jean, j’avais 13 ans. Marc Dupré jouait sur la scène de Boisbriand et je n’y prêtais aucune attention. Mes amis et moi faisions la course dans la foule, un sac de pop-corn en main. J’avais le Québec tatoué sur le cœur et sur les joues. Couchée dans l’herbe pour observer les feux d’artifice à la fin de la soirée, j’ai versé une larme pour le Québec souverain que je n’allais jamais connaître.
Je suis née en 2001 et j’ai pleuré 1995 toute mon adolescence. J’étais l’enfant de cette génération qui avait tant essayé. Je versais une larme à rebours pour ce 50,58 % qui nous avait fait perdre. Je ne me questionnais pas sur cette utilisation du « nous », je ne cherchais pas à savoir qui en faisait partie. Je n’aurais pu nommer aucune nation autochtone et la seule musique québécoise que j’aimais avec sincérité, c’était Point de mire (Remix) d’Ariane Moffatt et Les étoiles filantes des Cowboys Fringants.
Le 23 juin dernier, au Centre de la nature de Laval, j’ai pleuré pour le Québec en devenir. Line-up de fou, comme toujours, mais c’est le discours de Kim Lévesque-Lizotte qui a finalement fait grimper l’émotion dans ma gorge.
Les premières lignes étaient inquiétantes. La foule a hué sa désapprobation alors qu’une vague de malaise........
