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Péchés patriotes

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20.05.2026

Au lendemain de la révolte des patriotes, et alors que brûlent maisons et granges, que les femmes sont violées par les soldats de Sa Majesté, que les hommes sont torturés et tués, le curé de Saint-Esprit, dans Lanaudière, où la ferveur patriote était vive, demande conseil à l’évêque de Montréal, Mgr Ignace Bourget, sur l’attitude à adopter face aux insurgés. Le prélat répond de « leur expliquer clairement que les sujets ne peuvent, sous peine de péché mortel, se révolter contre le Gouvernement établi […] ; qu’on ne peut être absous et recevoir aucun autre Sacrement […] qu’aucune raison quelconque ne saurait justifier une insurrection, puisque l’Église a toujours décidé que c’était un crime ».

On peut considérer les patriotes de 1837 et 1838 comme de braves combattants de la liberté ou, alternativement, comme un groupe d’inconscients et d’incapables qui ont mené leurs compatriotes à une défaite certaine. Il faut cependant ajouter à leur courroux le fait, plus rarement évoqué, qu’ils faisaient face à une double oppression. Celle de la minorité anglaise, mais aussi celle de leur propre Église, partageant leurs valeurs et parlant leur langue.

L’historien Gilles Laporte a dirigé Les Patriotes vus par Lionel Groulx (Septentrion). L’ouvrage reprend les notes tirées d’une série de six cours publics donnés par Groulx en 1925-1926 à l’Université de Montréal. Groulx, un de nos premiers historiens, utilise des sources nombreuses, y compris anglaises, et alors nouvelles.

Le cœur de son propos est de déterminer si les patriotes ont eu raison,........

© Le Devoir