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Idées | La pente discrète vers l’identification numérique

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02.07.2026

Une transformation importante est en cours dans notre rapport à Internet. Pour accéder à certains contenus ou services, il pourrait bientôt ne plus suffire d’être connecté. Il faudrait aussi démontrer qui l’on est, ou du moins quel âge on a.

Cette évolution ne résulte pas d’un vaste projet de surveillance numérique. Du moins, pas pour l’instant. Elle découle plutôt d’une série d’initiatives législatives poursuivant des objectifs largement consensuels. Pourtant, mises bout à bout, elles normalisent progressivement un principe qui aurait semblé inconcevable il y a quelques années : l’idée qu’un citoyen doive prouver son âge, puis potentiellement son identité, pour accéder à certains espaces du Web.

Le projet de loi S-209, porté par la sénatrice Julie Miville-Dechêne, vise à empêcher les mineurs d’accéder à la pornographie en ligne. L’objectif est difficile à contester. Personne ne souhaite que des enfants soient exposés à ce type de contenu. Comme on le dit souvent, « personne ne peut être contre la tarte aux pommes ».

D’ailleurs, plusieurs études montrent que l’exposition précoce à la pornographie est devenue un enjeu réel de santé publique et de développement chez les jeunes. Les législateurs qui cherchent à réduire cet accès répondent à une préoccupation légitime.

Le précédent créé mérite toutefois une réflexion beaucoup plus large.

Pour appliquer S-209, les plateformes devront démontrer qu’elles sont capables de distinguer les adultes des mineurs. Le texte demeure technologiquement neutre. Il ne prescrit ni reconnaissance faciale, ni portefeuille d’identité numérique, ni pièce d’identité gouvernementale. Il exige simplement un........

© Le Devoir