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Le Québec est-il en crise?

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27.03.2026

L’idée que notre société serait en crise se répand. Je ne suis pas d’accord, tout en reconnaissant qu’elle souffre de bien des maux.

Les institutions fondatrices. L’emprise de la famille s’est relâchée. Sortie du cadre traditionnel, elle s’est reconstituée tant bien que mal autour du couple face à l’instabilité. Les parents ont perdu de l’influence sur leurs enfants au profit des écrans et de leurs effets nocifs.

Le système politique reste fonctionnel, comme le montrent l’intégrité des élections, le vote populaire (bien qu’en décroissance depuis 1970) et l’intérêt pour les débats. L’État-nation survit en dépit de (ou à cause de ?) l’influence et de l’incertitude qu’amène la mondialisation. Le système juridique, les forces de sécurité, les institutions financières, la sphère intellectuelle et d’autres montrent des lacunes importantes, mais pas de désordres profonds.

L’école est en piètre état : décrochage, reproduction des inégalités, supervision brouillonne de l’État, motivation déclinante d’un personnel enseignant surchargé, hausse de l’intolérance et de la violence chez les élèves, délabrement des établissements…

La confiance envers les médias, traditionnellement limitée, se maintient. Ils sont toutefois fragilisés par la concurrence de nouveaux canaux pas toujours recommandables. Certains survivent à peine, d’autres disparaissent, et, presque partout, des compressions, des mises à pied.

La culture. Nos principales valeurs collectives se maintiennent : la liberté, la démocratie, le pluralisme, l’égalité, la laïcité. Il manque surtout à notre société une vision d’ensemble mobilisatrice. Sauf peut-être pour la souveraineté qui fait un retour, il semble que les Québécois rêvent moins.

Les arts et lettres, l’enseignement........

© Le Devoir