Inégales face à la retraite
La campagne REER 2024 qui vient de se terminer est l’occasion de nous rappeler que la persistance des inégalités entre les hommes et les femmes dans un contexte de travail se répercute, avec plus de sensibilité encore, à la retraite. La (légère) amélioration observée au fil des ans du côté salarial tarde à se matérialiser lorsque la retraite est venue.
Si on prend les données du Bureau sur l’équité salariale du gouvernement ontarien publiées en mai 2024, on constate que l’écart entre les sexes en matière de pension au Canada ne s’est pas réduit depuis 1976. Il est même passé de 15 % à 17 % en 2021, malgré la participation accrue des femmes au marché du travail. À l’échelle internationale, le Canada se classe au 12e rang sur 47 pays en ce qui concerne l’indice mondial des pensions 2023 du Mercer CFA Institute. En comparaison, l’écart moyen entre les sexes dans 34 pays de l’OCDE se situait à 25,6 %. À se comparer, on a beau se consoler…
N’empêche, en 2020, on pouvait compter au Canada 200 000 femmes de plus que d’hommes âgés de 65 ans et plus vivant sous le seuil de faible revenu. Et 21 % des femmes de 75 ans et plus avaient des revenus inférieurs à ce seuil, contre 13,9 % des hommes de même âge, soit un différentiel de 51 %.
Évidemment, l’écart de rémunération y est pour quelque chose. De statistique en statistique, il se vérifie année après année même s’il va en décroissant, largement aidé en cela par les transferts gouvernementaux. Au Québec, l’Observatoire québécois des inégalités disait en........
© Le Devoir
