La guerre de l’IA et des données
La semaine dernière, deux sujets de l’actualité ont retenu mon attention. Ils illustrent une transformation profonde dans le contrôle des données et le développement de l’intelligence artificielle (IA), qui ne relève plus seulement de l’innovation technologique, mais agit directement sur la structuration des équilibres de puissance entre États.
D’abord, nous avons appris que Pete Hegseth, secrétaire américain à la Défense, avait menacé de rompre le contrat avec Anthropic si l’entreprise persistait à défendre ses normes éthiques. Le président Trump a finalement tranché : aucune de ses technologies ne sera utilisée par le département de la Guerre. L’entreprise refusait d’ouvrir son modèle à une utilisation militaire sans restriction, notamment pour la surveillance de masse et le déploiement d’armes entièrement autonomes sans supervision humaine.
Au même moment, Reuters révélait qu’un câble diplomatique signé par le secrétaire d’État, Marco Rubio, demandait aux diplomates états-uniens de s’opposer activement aux initiatives étrangères de souveraineté numérique qui limiteraient les flux transfrontaliers de données. Selon Washington, ces mesures risqueraient de « perturber les flux mondiaux de données » et de freiner les services d’IA et d’infonuagique. Deux dossiers distincts, un même fil conducteur.
Ces gestes traduisent une vision où l’IA n’est plus un outil technologique, mais une infrastructure stratégique à vocation hégémonique. Contrôler les données revient à contrôler la capacité d’entraîner et de........
