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Aux armes citoyens

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02.03.2026

Le jeune homme qui a admis avoir tué Meriem Boundaoui en 2021 était un habitué des armes à feu, qu’il possédait, disait-il, pour se défendre. C’est une très mauvaise idée pour un particulier, et ce l’est peut-être autant pour un pays, surtout quand il fait face à des ennemis potentiels dont la puissance de feu lui est infiniment supérieure. Jean-François Lisée avait d’ailleurs fait une excellente chronique à ce sujet (« En attendant Donald, » 14 janvier 2026). Alors, tous ces milliards qu’on s’apprête à dépenser dans le secteur de la défense constituent-ils vraiment un investissement judicieux ?

Sinon pour la défense, peut-être pourrions-nous nous servir de ces équipements pour l’attaque (qui est de toute façon, comme dit le vieil adage, la meilleure défense !). Par exemple, si le Canada se trouve trop à l’étroit sur son territoire — pourquoi pas si, pour certains potentats, 2 + 2 peuvent égaler 5 —, il pourrait agrandir son Lebensraum en envahissant Saint-Pierre-et-Miquelon. Par contre, l’invasion de Martha’s Vineyard et de Nantucket serait moins recommandable. Reste le commerce international : on en fait déjà un peu, on pourrait sûrement en faire plus, car la demande est insatiable. Les conséquences nous importent peu, quand c’est loin, comme au Soudan. Il suffit que les combattants et surtout leurs parrains qui sont nos amis aient les poches profondes.

Mais trêve d’ironie, il ne s’agit pas de démanteler l’armée canadienne qui joue un rôle essentiel lors de catastrophes naturelles ou pour le maintien de la paix au service des Nations unies. Cependant, avant d’engager des ressources considérables dans l’industrie de guerre, ne vaudrait-il pas mieux évaluer avec un minimum de rationalité quels sont nos vrais besoins, quels sont nos devoirs, sans essayer de plaire à la brute imbécile qui sert de président à nos voisins du Sud.


© Le Devoir