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Les mauvais augures de Munich

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18.02.2025

Chaque mois de février depuis plus de 60 ans, la conférence annuelle de Munich sur la sécurité réunit le gratin des acteurs et des analystes de la politique internationale, militaire et de sécurité. À l’origine forum essentiellement occidental, il s’est élargi au fil des ans pour devenir une véritable caisse de résonance des affaires stratégiques du monde.

C’est là par exemple que, le 10 février 2007, un président russe avait été invité pour la toute première fois. Sur l’estrade de la grande salle du Bayerischer Hof, site de l’événement depuis des lustres, Vladimir Poutine, alors à son deuxième d’une série indéfinie de mandats présidentiels, avait refroidi l’assistance en attaquant de façon frontale « l’ordre occidental » et le désir des « impérialistes » d’asservir la Russie et le reste du monde.

Ce changement de ton radical suivait quinze années au cours desquelles la Russie, sous la houlette de Boris Eltsine — mais aussi, on l’a oublié, du « premier » Poutine (2000-2006) —, se montrait coopérative à l’international, allant jusqu’à envisager son inclusion dans l’OTAN (!)… qui n’était pas encore, à l’époque, l’horrible Léviathan que l’Alliance transatlantique allait plus tard devenir, dans le discours russe et celui de ses affidés un peu partout dans le monde.

Durant cette période de 1992 à 2007, les Occidentaux, qui avaient eux-mêmes (États-Unis exceptés) embrassé le désarmement unilatéral (on croyait naïvement, en Europe, avoir atteint le stade de la paix perpétuelle), ont complaisamment fermé........

© Le Devoir