Horreur en Syrie
La chute de la meurtrière dynastie Al-Assad à Damas, il y a trois mois, aux mains d’une coalition dominée par un ancien groupe djihadiste « réformé », ayant jeté par-dessus bord l’adhésion au djihad mondial, qui a embrassé la cause nationale syrienne et tendu la main aux minorités, s’était très bien passée.
La joie sans mélange soudain jaillie, le 8 décembre au matin, de l’effondrement précipité d’une tyrannie inouïe, d’une cruauté sans équivalent où que ce soit depuis un demi-siècle (les Khmers rouges du Cambodge exceptés), permettait des espoirs prudents. Les Syriens avaient connu « le pire du pire ».
Effectuée sans effusion de sang ou presque, la transition avait bien commencé. Le nouvel homme fort Ahmed Al-Chareh, malgré la méfiance qu’il inspirait spontanément à beaucoup, du fait de son passé — doutes sur l’étendue et la sincérité de son virage « modéré », ou « protodémocratique » —, avait eu les mots qu’il fallait.
Intelligent tacticien, manifestement à l’écoute, tout en retenue, il avait multiplié les déclarations d’ouverture… Même le voisin israélien, pourtant agressif à la frontière (Jérusalem a « accueilli » le nouveau régime de Damas en bombardant le pays et en occupant du territoire au sud), Al-Chareh se gardait soigneusement de le critiquer ou de le dénoncer. C’est dire.
Mais l’horreur des derniers jours sur la côte méditerranéenne (Banias, Tartous, Lattakié) — soulèvement d’ex-responsables de l’ancien régime, puis exactions par des troupes « gouvernementales » envoyées pour mater la rébellion, mais qui se sont........
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