Voyages, voyages?
Voilà quelques années, j’ai effacé tous mes comptes de réseaux sociaux. Les raisons de mettre fin à ces existences numériques étaient nombreuses, mais il n’en a fallu qu’une seule pour passer à l’action : je me rendais compte que la fréquentation de ces espaces affectait insidieusement ma santé mentale, voire ma perception de la réalité. En tant qu’auteur émergent, je me suis retrouvé captif d’un maelström où se mêlaient les opinions, les débats stériles, les justifications et l’autopromotion.
Aucune position éthique n’a motivé ce retrait. Je pourrais aujourd’hui prétendre avoir quitté ces plateformes en réaction aux contributions financières de Musk et de Zuckerberg à la campagne de Trump. De nos jours, il apparaît presque incongru d’y demeurer lorsqu’on est idéologiquement opposé au trumpisme, même en croyant pouvoir infiltrer le système « de l’intérieur », à coups de slogans et de tentatives d’annulation — justifiables ou non. Pourtant, l’essentiel des gens de gauche que je connais — souvent des intellectuels avisés et avenants — s’y trouve encore. J’y inclus les anarchistes. J’avoue ne pas comprendre. J’essaie très fort de ne pas juger. Après tout, mon propre retrait n’était nourri que par un sentiment de révulsion à l’égard du formatage de l’image, y compris la mienne.
Ces jours-ci, j’ai fait une expérience : je suis retourné sur Facebook pour la........
