La passion trumpienne pour la toponymie
Dans son bras de fer commercial et territorial avec son voisin du Nord, le président des États-Unis brandit, au côté des menaces tarifaires, la menace toponymique. Il évoque sa volonté de substituer au nom de lac Ontario celui de lac d’Amérique. S’attaquer au nom qui, au-delà même du lac binational, renvoie à celui du cœur de l’État fédéral, c’est s’en prendre à la souveraineté territoriale canadienne. Cette éructation invraisemblable est à prendre au sérieux compte tenu de son passif toponymique, et il faut la resituer dans un ensemble de logiques.
En effet, le président états-unien a inauguré son nouveau mandat par des annonces spectaculaires et unilatérales de changements de noms géographiques concernant Denali, le plus haut sommet du pays et du continent, situé en Alaska, et le golfe du Mexique. Autrement dit, un haut lieu national et une mer internationale.
Dans les deux cas, il s’agissait, à peu de frais (dire, c’est faire), de convertir symboliquement le slogan MAGA. Cela en tentant, de manière partiellement illégale, d’effacer des noms d’origine autochtone pour leur substituer des noms « américains » d’origine européenne (McKinley, président états-unien, et Amérique, issue du nom de l’explorateur Amerigo Vespucci). Il a ensuite renommé la principale base militaire du pays, Fort Liberty, en Fort Bragg, pour rendre hommage aux Confédérés esclavagistes. Il complétait ainsi le dessein clairement suprémaciste, et pas seulement impérialiste, des premières annonces.
S’est ajoutée à cette liste la déclaration sur la Riviera du Moyen-Orient en lieu et place de la bande de........
