Un sentiment de trahison
J’ai servi pendant trois ans comme officier de liaison auprès de l’armée des États-Unis. Mes collègues américains me taquinaient souvent en disant que le Canada était leur 51ᵉ État. Je n’ai jamais trouvé ça particulièrement drôle, mais je comprenais ce qu’ils voulaient dire : « Vous êtes des nôtres. » Ce n’était pas méchant, seulement un peu maladroit. Quand l’un d’eux insistait trop, je répliquais : « Qu’est-ce que vous penseriez de devenir la 11ᵉ province ? » Cela provoquait généralement un rire gêné — le genre de rire qu’on lâche quand on comprend soudainement qu’une blague peut aller dans les deux sens.
Quand Donald Trump a commencé à parler du 51ᵉ État et à qualifier notre chef d’État de gouverneur, je n’ai jamais cru une seconde qu’il plaisantait. Peu après, il nous a menacés de lourds tarifs douaniers, nous accusant d’être un voisin horrible qui laisse entrer des migrants illégaux et du fentanyl. Pourtant, les chiffres fournis par son propre gouvernement contredisent ces affirmations : le fentanyl et les migrants clandestins en provenance du Canada ne représentent qu’une infime partie du problème américain.
Comme le veut le dicton : « qui veut noyer son chien l’accuse de la........
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