menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Chronique | Sinon, nous nous répéterons

9 0
17.06.2026

Mardi matin, à Montréal-Nord, le Regroupement des intervenants et intervenantes d’origine haïtienne a offert plus qu’une conférence de presse. C’était, pour moi, un rassemblement de plusieurs visages familiers, acteurs de la société civile en tous genres, du quartier et d’ailleurs. Parce que chaque fois que les dirigeants du Québec se disent « choqués », « surpris », « catastrophés » de l’existence du racisme — oui, oui, chez nous — le sens du service public s’empare de certains de nos corps. Ça y est. Encore un tour. Voyons si on peut avancer. Élargir quelque peu l’horizon du politiquement faisable. Produire plus de rapports, d’expertise, d’archives et de précédents sur lesquels s’appuieront ceux qui nous suivent, la prochaine fois qu’on découvrira avec « choc » le racisme, oui, encore aujourd’hui.

Parmi ceux qui m’ont saluée avec l’aura la plus calme, c’est mieux dit en créole, la plus poze, il y avait les aînés. Des intervenants d’organisme communautaire du quartier qui y sont depuis plusieurs décennies, et même, dans certains cas, en sont les cofondateurs. Celles et ceux qui ont vu passer des générations de jeunes maltraités par la police. Sur le visage de bien des aînés, mardi, j’ai vu passer des demi-sourires de sphinx.

Mercredi, Viviane Namasté, professeure à Concordia qui s’est penchée sur l’histoire de la communauté haïtienne à Montréal, m’a suggéré de lire un mémoire déposé par la Maison d’Haïti au Comité d’enquête sur les relations entre les corps policiers et les minorités visibles et ethniques. L’exercice........

© Le Devoir