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En embrassant ton histoire, cher Québec, j’ai trouvé ma propre voix

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21.06.2026

Cher Québec, pendant longtemps, je t’ai aimé en silence, presque en cachette. Grandir avec toi, c’était souvent ressentir une pudeur invisible, une gêne diffuse à l’idée d’afficher trop fort ce que je ressentais pour toi. On m’apprenait à me fondre dans le décor, à regarder le reste du monde comme s’il était plus grand, plus fort, plus légitime que celui que tu portes à mes yeux. J’avais cette timidité tranquille de ceux qui s’excusent presque d’habiter leur propre langue au coin d’un continent immense. Je pensais que notre histoire était condamnée à être petite, discrète, secondaire.

C’est dans mes cours d’histoire que la réalité de ton passé m’a frappé de plein fouet. Sur les bancs d’école, j’ai découvert l’ampleur de tes quatre siècles de tempêtes : bombardé, assiégé, incendié et poignardé. À partir de cet instant précis, j’ai ouvert les yeux sur ce que tu es véritablement : un feu vivant.

C’est ce même feu qui me rattrape aujourd’hui. Quand je me rassemble à l’unisson au milieu d’une foule pour chanter tes artistes, ce qui brûle dans ma poitrine dépasse la simple fierté du calendrier. C’est un frisson colossal, un amour viscéral, une ferveur persistante qui me colle à........

© Le Devoir