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«Apocalypse now»

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24.01.2025

Dans la foulée des flammes géantes courant sur les montagnes de Los Angeles ont éclaté maints drames humains, sociaux, écologiques qui brûleront plus longtemps encore que ce terrible incendie. Touché, attristé, comme tous et toutes, ce n’est toutefois pas à cette dimension que je m’attarderai dans ce court texte.

Peu de temps après le début de la catastrophe, la presse a cru bon nous rassurer : les neuf lettres géantes se dressant à flanc de colline pour nommer le célèbre quartier de Hollywood se trouvaient hors de portée de l’incendie. Il me semble que c’est mal comprendre l’envergure métaphorique de celui-ci…

En voulant le transformer en usine, nous avons mis le feu à notre navire cosmique. Or, nous n’en avons qu’un. Et nous n’en aurons jamais qu’un de cette valeur et de cette beauté. Toutes ces flammes dévorantes, affamées même de ciel, qui mettent le feu aux bulletins de nouvelles, ne sont ni américaines, ni australiennes, ni canadiennes, elles sont civilisationnelles. Nous vivons l’apocalypse de l’Anthropocène.

Apocalypse est un mot intéressant. Il ne désigne pas, comme on le croit souvent, la fin des temps. La fin d’un temps ? Ça, oui, certainement. L’étymologie nous enseigne que le mot apocalypse signifie « révélation ». C’est le rideau du mensonge, de l’erreur, de l’illusion qui se déchire… La civilisation occidentale s’est fondée sur beaucoup d’injustices sociales, raciales, coloniales, mais également sur beaucoup de prétentions anthropocentristes. Or, depuis deux siècles, ces prétentions peuvent s’exprimer........

© Le Devoir