Idées | Pourquoi faire une grève politique le 1er mai?
Depuis la crise économique de 2008, les travailleurs sont dans une situation précaire dont ils peinent à s’extraire. Les classes inférieures s’appauvrissent alors que les services publics se dégradent, sans compter que la crise écologique et les turbulences géopolitiques se répercutent de manière disproportionnée sur les moins fortunés. L’explosion du prix de l’essence, conséquence de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, affecte d’abord les ouvriers des régions éloignées, même si les médias préfèrent souligner la hausse du coût des billets d’avion.
À ces problèmes économiques s’ajoute un durcissement des politiques fédérales et provinciales contre les syndicats, le droit de grève et les mouvements sociaux. Dans ces conditions, de plus en plus d’organisations évoquent la possibilité de mener des grèves politiques, c’est-à-dire des débrayages réalisés en dehors des périodes de négociation des contrats de travail et portant sur des enjeux directement politiques, par exemple l’abolition d’une loi jugée rétrograde.
De l’austérité à l’autoritarisme
Bien que la crise de 2008 ait été causée par les banques américaines, les gouvernements et les institutions financières ont choisi d’en faire reposer le poids sur les classes populaires. En 2009, le premier ministre Stephen Harper a prévenu les Canadiens qu’ils subiraient « une période d’austérité prolongée ». De son côté, le gouvernement de Jean Charest, qui s’était déjà essayé à un projet de « réingénierie » de l’État québécois, préconisait une réduction radicale du nombre........
