Idées | Les leçons oubliées du combat contre la peine de mort
Le 14 juillet 1976, le Canada retirait de son Code criminel l’application de la peine de mort. Cinquante ans plus tard, cet acquis paraît fragilisé. La peine capitale connaît aujourd’hui un regain d’intérêt préoccupant.
Selon le dernier rapport d’Amnistie internationale, 2707 personnes ont été exécutées en 2025 dans 17 pays. Une hausse de 78 % en un an. Il s’agit du bilan le plus élevé depuis 1981, alors que paradoxalement il n’y a jamais eu autant de pays abolitionnistes. Quarante-sept pays appliquent encore la peine de mort. La Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite et les États-Unis figurent parmi les principaux exécuteurs.
Pendaison, décapitation, injection létale, privation d’oxygène : les méthodes varient, mais conduisent à une même négation de la dignité humaine, au nom d’une brutalité que certains continuent de confondre avec l’exercice légitime de l’autorité.
Au Canada, les sondages montrent régulièrement qu’une part importante de la population est favorable au rétablissement des exécutions. En 1976, son abolition ne fut acquise qu’à une faible majorité. La Chambre l’adopta par 130 voix contre 124.
Un sondage réalisé en juin 2026 par Research Co. révèle que 60 % des Canadiens se disent désormais en faveur du rétablissement de la peine de mort pour les personnes reconnues coupables de meurtre, soit une hausse de 6 % par rapport à 2025. À l’inverse, seule 30 % de la population s’y........
