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Le Canada sacrifie son avantage stratégique, le bilinguisme

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27.08.2026

Sarah-Myriam Martin-Brûlé se demande si, en se retirant des zones où le français lui confère de l’influence, le Canada n’est pas en train d’adopter une politique du fight white centrée sur ses alliés anglophones.

Il y a quelque chose de remarquable chez les Canadiens qui servent dans les opérations de paix des Nations unies : ils jouissent d’une réputation exceptionnelle.

En plus de 20 ans de recherches sur les opérations de paix de l’ONU, notamment à travers de nombreux travaux de terrain en Afrique, je l’ai entendu à maintes reprises. Les militaires canadiens sont respectés pour leur professionnalisme, leur jugement et leur capacité à travailler au-delà des frontières nationales et des cultures militaires et civiles. Ils comprennent que dans les opérations multinationales, l’efficacité repose autant sur la confiance et les relations que sur les capacités militaires.

Les Canadiens sont peu nombreux. Mais leur présence est remarquée.

Cette réputation constitue un atout stratégique. En tant que puissance moyenne, le Canada ne peut exercer son influence par la masse militaire. Son avantage comparatif a historiquement été différent : crédibilité professionnelle, expertise multilatérale, bilinguisme et capacité à jeter des ponts entre les institutions et les cultures. Une forme de puissance douce en uniforme.

Le 17 juillet, la Défense nationale a annoncé un « rééquilibrage » des engagements militaires du Canada dans le monde. Quatre opérations prennent fin : KOBOLD au Kosovo, SNOWGOOSE à Chypre, SOPRANO au Soudan du Sud et CROCODILE en République démocratique du Congo, tandis que CALUMET, dans le Sinaï, sera réduite. Quelque 50 à 60 membres des Forces armées canadiennes seront réaffectés à des « rôles jugés plus prioritaires ».

Le Canada doit défendre........

© La Presse