En déficit de charité ou plutôt de reconnaissance ?
Le milieu communautaire québécois s’est bâti sur une tradition de solidarité sociale et lui demander de se baser sur la philanthropie l’amènerait à dénaturer sa mission, expliquent Noémie Barolet et Charles-Philippe Laperrière.
Dans un texte paru dans La Presse le 24 mars dernier, Étienne-Alexandre Beauregard soutient que le Québec souffre d’un « déficit de charité »1. L’auteur prétend que le milieu communautaire devrait se tourner davantage vers la philanthropie pour combler ses besoins.
Pour nous, cette lecture est profondément déconnectée de ce qu’est le réseau communautaire québécois.
Le Québec n’a pas de culture sociale historiquement axée sur la charité, mais sur des luttes menées par, pour et avec le peuple. Nous ne sommes pas une société anglo-protestante où des donateurs fortunés font redescendre une partie de leur richesse privée sur les moins nantis. Nous ne nous sommes pas érigés sur un modèle où quelques grandes fortunes soutiennent, à la carte, des causes jugées par elles méritantes, et surtout opportunes.
En tant qu’héritiers d’un catholicisme dont nous sommes aujourd’hui affranchis, nous nous inscrivons néanmoins dans une tradition de solidarité sociale.
Du parvis d’église d’antan jusqu’au réseau communautaire structuré d’aujourd’hui, nous avons mené, ensemble, en tant que peuple, nos batailles........
