Une arme à double tranchant pour l’accès à la justice
Le professeur à HEC Montréal pèse le pour et le contre du recours à l’intelligence artificielle dans l’accès à la justice. Est-ce que les conseils juridiques de l’IA viendront éclairer les citoyens ou bien allonger la liste d’attente des palais de justice ?
Depuis vingt ans, les médecins se plaignent de « Dr Google ». Certains patients arrivent en détresse, convaincus qu’un mal de tête annonce une tumeur. L’internet ne crée pas leurs symptômes, bien sûr, mais il transforme parfois une inquiétude en urgence et peut amener plus de gens à consulter, mettant ainsi plus de pression sur un système qui peine déjà à traiter les vrais cas.
La justice pourrait bientôt connaître aussi son moment Dr Google, mais en beaucoup plus puissant.
Alors que les moteurs de recherche suggèrent des liens vers des sites pertinents, sans en faire davantage, une intelligence artificielle générative peut écouter un récit, en extraire une chronologie, identifier des recours juridiques possibles, puis aller jusqu’à produire une mise en demeure, bâtir un argumentaire et même anticiper la défense adverse. Globalement, elle peut transformer une frustration en dossier juridique en apparence complet.
C’est parfois une excellente nouvelle. Le coût d’un avocat prive trop de Québécois de recours pourtant légitimes. Une IA bien conçue peut expliquer une procédure, clarifier les faits et aider un citoyen à faire valoir un droit qu’il aurait........
