De « l’homme nouveau » aux influenceurs masculinistes
Masculinisme toxique, colère contre l’égalité des sexes, exaltation de la force physique et des rôles traditionnels : tous ces thèmes semblent surgir de nos téléphones et des algorithmes. Pourtant, l’histoire prouve le contraire, écrit l’auteur. Le masculinisme, en tant que phénomène politique et social, n’est pas propre à notre époque.
En ma qualité d’historien contemporain, j’ai analysé la mouvance masculiniste dans l’histoire du XXᵉ siècle et, curieusement, les idées masculinistes semblent se répéter. En effet, plusieurs ressemblances sont observables entre le mouvement d’aujourd’hui et celui des années 1930. Y a‑t‑il un manque d’originalité ou d’inspiration ? Au fond, il s’agirait d’un réflexe réactionnaire à un contexte qui chamboule les rôles genrés.
Pendant et après la Première Guerre mondiale (1914‑1918), les femmes s’émancipent davantage et parviennent à occuper une nouvelle place dans les sociétés occidentales. Déjà largement mobilisées pour l’effort de guerre, elles se coupent dorénavant les cheveux, fument, sortent dans les bars et possèdent même un emploi ! D’ailleurs, les femmes obtiendront le droit de vote en 1918 et le droit de se présenter en politique en 1919 au Canada.
Rapidement, les hommes doivent composer avec cette nouvelle réalité qui remodèle quelque peu la place de chacun1.
En contraste avec les années 1920, les années 1930 sont plutôt le théâtre d’une dépression économique internationale à la suite du krach de Wall Street en 1929. Les travailleurs de partout vont souffrir du chômage, de la misère et du manque de........
