Pourquoi sourit-on sur les photographies ?
Le fait de sourire devant l’objectif nous semble si naturel qu’on en oublie que ce fut longtemps un réflexe à proscrire, explique Etienne Guertin-Tardif
Lorsque la chaleur s’installe, les occasions de se faire photographier se font plus nombreuses. Que ce soit au chalet, au parc ou à la plage, le même rituel se répète : nous étirons les lèvres et affichons un sourire dès que l’objectif d’un appareil se braque sur notre visage.
Rien de plus naturel, rien de plus évident, n’est-ce pas ? Pourtant, cette curieuse habitude est beaucoup plus récente qu’on pourrait le croire.
En 2015, des chercheurs de l’Université de Berkeley ont analysé près de 38 000 portraits d’albums de finissants américains. Ils ont découvert que ce n’est qu’à partir des premières décennies du XXe siècle que nous avons commencé à sourire sur les photographies.
Avant cela, nous affichions le regard sérieux et austère que nous rencontrons chaque fois que nous ouvrons un vieil album de famille. Nos ancêtres s’empêchaient-ils de sourire en raison du long temps de pose des anciens appareils ? Ou encore de leur dentition en mauvais état ?
L’absence de sourire comme norme sociale
En feuilletant d’anciens manuels de bienséance, qui indiquaient aux jeunes gens comment se comporter en public, on constate qu’une autre piste d’explication est possible. En effet, le sourire n’a pas toujours eu la signification positive qu’on lui accorde aujourd’hui.........
