Avec le meurtre de cinq journalistes d’Al-Jazeera, l’armée israélienne tente de plonger Gaza dans l’obscurité
La chaîne internationale Al-Jazeera a confirmé que cinq de ses journalistes ont été tués dans un bombardement de l’armée israélienne visant leur tente, dimanche 10 août. Avec ce nouveau massacre, Tel-Aviv coupe les derniers relais d’informations dans une bande de Gaza ravagée par un génocide, alors que son plan d’annexion s’accélère.
Lorsque nous avions rencontré Nasser Abou Baker, secrétaire général du Syndicat des journalistes palestiniens, en septembre 2024, ce dernier résumait : « Tu as tout le temps en tête le sentiment que tu vas finir par prendre une balle ou te faire arrêter parce que tu es Palestinien. » Près d’un an plus tard, et alors que des dizaines de journalistes gazaouis avaient déjà été tués pour avoir poursuivi leur métier comme pour leur nationalité, son sentiment s’est confirmé.
Pire, il paraît, fin 2025, minime au vu des dégâts causés par l’armée israélienne dans la bande de Gaza. La chaîne Al-Jazeera, rare chaîne encore présente quotidiennement à Gaza, a ainsi annoncé que cinq de ses journalistes avaient été tués dans un bombardement israélien sur leur tente, dimanche 10 août. Leurs noms : les reporters Anas Al-Sharif, et Mohammed Qreiqeh, les photographes Ibrahim Zaher et Moamen Aliwa, le chauffeur Mohammed Noufal.
En une nuit, Tel-Aviv a tué l’intégralité des reporters employés par la chaîne présents dans la ville de Gaza. « Les professionnels indépendants Mahmoud Aliwa et Mohammed al-Khaldi, créateur d’une chaîne YouTube d’information, ont également été tués dans cette frappe », ajoute l’ONG Reporters sans frontières (RSF), dans un communiqué où elle « dénonce avec force et colère l’assassinat revendiqué » par Israël.
Les journalistes présents dans la bande de Gaza étaient environ 200, avant que Tel-Aviv ne lance les massacres à partir du 8 octobre 2023. Ils sont, selon la Fédération internationale des journalistes (IFJ) et RSF, près de 200 à avoir péri sous les bombes et les tirs de l’armée israélienne depuis. La plateforme Stop murdering journalists parle quant........
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