Nahel : à Nanterre, plus de mille personnes pour que justice soit faite
Près d’un millier de personnes ont marché dans les rues de Nanterre, ce 21 mars, pour demander que justice soit faite dans l’affaire Nahel. Alors que la cour d’appel de Versailles a ordonné, le 5 mars, que le policier qui a tué Nahel Merzouk, en juin 2023, soit jugé devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner et non plus pour homicide.
Le cortège est composé de nombreuses familles endeuillées pour un fils, un frère, un père tué par la police. Juchée sur le camion en tête de la marche, la mère de Nahel Merzouk les a rassemblées, samedi, pour une marche à Nanterre (Hauts-de-Seine), ville dans laquelle le jeune homme a perdu la vie en juin 2023, victime du tir d’un policier : « Je veux que l’on crie justice pour toutes nos victimes. En tant que mamans qui avons perdu nos enfants, nous avons mal, sans vous je ne pourrais pas me battre », lance-t-elle au micro.
En cette journée de marche contre les violences policières et pour que justice soit rendue pour son fils Nahel, son nom s’affiche sur de nombreux t-shirts, mais il côtoie aussi celui d’autres victimes : El Hacen Diarra, Baba, Souheil, Sullivan, Adama… Autant de jeunes qui sont morts de violences policières.
« Nos morts ne sont pas des faits divers »
« Ils disposent des corps de nos enfants comme s’ils étaient des animaux. Si la police et la justice sont dans le déni, nous, nous resterons debout pour faire reconnaître que nos morts ne sont pas des faits divers. La police détruit des familles entières », s’insurge Samia, proche de Mounia Merzouk, la mère de Nahel.
Dans les rangs, des députés ont aussi répondu à l’appel. « Je suis ici en solidarité avec la famille de Nahel car nous sommes nombreux à avoir été choqués par la décision de la cour d’appel qui a décidé que le policier ne serait plus jugé pour meurtre mais pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. De fait, l’affaire sera portée non plus devant la cour d’assises mais devant la cour correctionnelle comme si, finalement, la vie de Nahel n’avait pas de valeur », affirme Sabrina Sebaihi, élue écologiste de la circonscription des Hauts-de-Seine.
Samia El Khalfaoui, la tante de Souheil tué par la police après un refus d’obtempérer à Marseille en août 2021, est venue elle aussi en solidarité. « La symbolique de la décision de la cour d’appel est terrible, surtout dans le contexte politique dans lequel nous sommes qui tend a donner toujours plus un permis de tuer aux policiers. On le voit, par exemple, avec la proposition de loi visant à instaurer une présomption de légitime défense. Nous n’avons pas de justice et eux, ils ont le droit de peine de mort sur nos enfants », tempête-t-elle.
Devenue la figure du combat contre les violences policières, Assa Traoré est évidemment présente auprès de Nadia Merzouk, qu’elle enlace. « Il faut le dire à tout le monde assumer que le racisme existe, ce n’est pas une faiblesse, mais c’est se donner le pouvoir de sauver des vies. Or le gouvernement refuse de reconnaître que le racisme est systémique au sein de la police, il préfère la protéger coûte que coûte », estime la militante.
Avec sa bande de copains, Brahim, 15 ans, a battu lui aussi le pavé en mémoire de Nahel et pour que les choses changent. « Nous n’en pouvons plus du traitement que nous réserve la police dans nos quartiers et, en plus, on se sent ensuite abandonnés par la justice, ce n’est plus possible. Il faut que tout le monde réagisse. Ni oublie, ni pardon », scande l’adolescent en reprenant sa marche.
Lisez la suite de cet article
et débloquez tous les contenus
