Précarité : la France championne d’Europe des contrats courts, révèle une étude
Alors que les négociations paritaires autour des contrats de travail temporaire piétinent, une étude de l’Unedic vient rappeler leur explosion dans l’hexagone, notamment pour les jeunes.
Le patronat peut pousser des cris d’orfraie en dénonçant la rigidité du marché du travail en France. La réalité est bien différente. Le travail temporaire, qu’il s’agisse de l’intérim ou des CDD, est devenu de loin majoritaire dans les nouvelles embauches. « En 2024, plus de 80 % des embauches se font en contrat court, voire très court », précise une étude de l’Unedic, organisme paritaire de gestion de l’assurance-chômage.
Publiée le 26 mars, elle doit éclairer les négociations en cours entre syndicats et organisations patronales depuis le 28 janvier et censées se clore le 9 avril, justement sur cette question des contrats temporaires. Sur 46,2 millions de contrats d’embauche cette année, ce sont 21,1 millions de CDD, 20,7 millions d’intérim et seulement 4,4 millions de CDI.
En principe pourtant, le CDI reste la norme. Il demeure d’ailleurs très majoritaire puisqu’il représente 73 % de l’ensemble des emplois. Néanmoins, la France se classe deux points au-dessus de la moyenne européenne avec 15,5 % d’emplois temporaires, contre 12,8 % pour les salariés de l’Union européenne. Elle est devancée seulement par les Pays-Bas (26 %), le Portugal (16 %) et l’Espagne (16 %). Cette part des emplois temporaires connaît une relative stabilité depuis le........
