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Guerre en Iran : des sites nucléaires visés, l’énergie au cœur de l’escalade militaire

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23.03.2026

L’énergie est au centre de toutes les surenchères belliqueuses. Israël a bombardé le site nucléaire iranien de Natanz, subissant en représailles l’attaque de sa centrale de Dimona. Et Donald Trump menace de mettre à terre le réseau électrique iranien s’il n’obtient pas la réouverture du détroit d'Ormuz dans les quarante-huit heures.

La guerre de l’énergie s’intensifie au Moyen-Orient, comme les représailles iraniennes. Donald Trump, patron de ces menées guerrières totalement illégales au regard du droit international, est intervenu par son canal favori, celui de son réseau Truth social en fixant ce 21 mars un « ultimatum de quarante-huit heures » à Téhéran pour la réouverture au trafic maritime du détroit d’Ormuz. Sinon, a-t-il écrit, les États-Unis « frapperont et anéantiront ses différentes CENTRALES ÉLECTRIQUES, EN COMMENÇANT PAR LA PLUS GRANDE ! ».

Après une attaque conduite contre le site nucléaire iranien de Natanz, Téhéran a répliqué en ciblant avec plusieurs missiles la centrale atomique israélienne de Dimona dans le désert du Néguev. La structure ne constitue pas seulement un maillon stratégique pour la fabrication d’électricité pour Israël, qui ne dispose d’aucune ressource en hydrocarbures, elle abrite aussi la mise au point et la fabrication d’armes atomiques dont s’est dotée Tel-Aviv, qui a refusé de participer aux accords internationaux de non-prolifération nucléaire.

Officiellement, la partie israélienne déplore des dégâts matériels importants et plusieurs dizaines de blessés. Le bombardement de ce lieu, considéré comme l’un des plus surveillés et donc des plus sûrs d’Israël, a alimenté aussitôt une polémique autour de la relative porosité du fameux « dôme de fer », ce bouclier antimissile qui protégerait intégralement le territoire israélien.

Un conflit amené à durer

L’escalade de ces dernières heures autour de l’énergie renforce les pires craintes observées à propos du blocage du détroit d’Ormuz, artère clé du trafic maritime mondial. L’oligarque de la Maison-Blanche peut d’autant mieux plastronner qu’il a obtenu une promesse de soutien d’une vingtaine de pays, dont la France, prêts donc à croiser le fer dans le détroit. Mais les surenchères de Trump, qui se fait fort de mettre à terre tout le réseau électrique iranien sous quarante-huit heures, ne sont pas précisément de nature à rassurer.

Les organisations internationales, celles-là mêmes qui ont été mises sur la touche par Trump en violation du droit international – « y compris la Charte des Nations unies », s’est indigné Antonio Gutteres, le secrétaire général de l’ONU –, s’inquiètent toujours plus et réitèrent le besoin urgent d’une logique de désescalade si l’on veut éviter le pire pour la région « et notre monde ».

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) rejointe par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) lance un appel pressant à la retenue de tous les protagonistes pour éviter, après les attaques sur Natanz et Dimona, qu’un bombardement ne finisse par provoquer un terrible accident nucléaire aux conséquences dantesques pour les habitants de toute la région.

Guerre au Moyen-Orient : « Les belligérants ne ciblent plus seulement une armée mais aussi les écosystèmes dans une logique de dissuasion »

Sur les lieux, ce 22 mars, d’une des frappes iraniennes à proximité du site nucléaire israélien, Benyamin Netanyahou, le premier ministre d’extrême droite, en a rajouté sur sa détermination à jouer la carte de la surenchère guerrière. « Nous allons nous en prendre à chacun des dirigeants iraniens, une bande de criminels », a-t-il lancé. Comme s’il voulait faire oublier, dans la suite du génocide de Gaza, ces milliers de civils iraniens et libanais tués depuis le début de la guerre dans les bombardements israélo – états-uniens.

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