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« Les policiers de Torcy me cherchent pour me faire taire » : un témoin des violences policières de Noisiel affirme être victime d’intimidation

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25.03.2026

Un signalement au procureur de la République de Meaux a été transmis, ce mercredi 25 mars, par l’avocat de Flavel, Me Pierre Brunisso, pour « subornation de témoin ». Présent sur les lieux des violences, le 16 mars, Ibrahim Bader serait recherché par la police afin de « le faire taire ». Joint par « l’Humanité », l’homme confie sa « peur ».

Depuis une semaine et les violences subies par Flavel, 35 ans, lors d’une intervention de la BAC à Noisiel (Seine-et-Marne), révélée par des vidéos accablantes, le scénario des faits se précise de jour en jour et il n’est guère favorable aux forces de police. C’est une première interpellation violente et injustifiée, le 16 mars à 17 heures, qui aurait contribué à mettre le feu aux poudres : celle du jeune Marco (le prénom a été modifié), 18 ans, pour outrage et rébellion.

Des faits que conteste l’intéressé, qui a déposé plainte ce mercredi 25 mars par l’entremise de son avocat, Me Théo Kermagoret, pour « violences volontaires en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique ». Condamné le 18 mars à 70 jours de travaux d’intérêt général (TIG), le jeune homme va également faire appel de cette sanction.

« Savoir qu’il y a une 5008 noire qui vous cherche dans toute la ville, ça fait peur »

Mais il pourrait avoir d’autres choses intéressantes à raconter à la justice. Mardi 24 mars, dans l’après-midi, Marco fait partie de ces jeunes qui ont été contrôlés par plusieurs policiers au niveau de la place de l’horloge, à Noisiel, à l’endroit même des échauffourées du 16 mars. L’objectif des fonctionnaires ? Retrouver le prénommé « Bader ».

Âgé de 37 ans, Bader Ibrahim est un proche de Flavel, il l’accompagnait le soir des violences et a raconté ce qu’il a vu dans une vidéo publiée le lendemain des faits. Lundi 23 mars, il a témoigné pendant trois longues heures devant l’IGPN, la police des polices, qui a été saisie de cette affaire sensible. Lui fournissant même les débris de grenades ramassés sur les lieux, ainsi qu’une nouvelle vidéo montrant des violences exercées sur un autre jeune.

« Je suis connu dans le quartier, et depuis quelques jours, je reçois plein de messages de jeunes qui me disent que les policiers de Torcy me cherchent pour me faire taire, raconte à l’Humanité Bader Ibrahim. Ça me fait flipper, je ne prends pas ça du tout à la légère. »

L’homme n’habite pas à Noisiel, mais s’y rend souvent pour raisons familiales. « Mais là, j’arrête et je reste chez moi. Savoir qu’il y a une 5008 noire banalisée qui vous cherche dans toute la ville, ça fait peur. Pourtant, je n’ai tué personne, j’ai simplement témoigné, et dit la vérité. Comment prendre ça autrement que comme des menaces ? »

« Porter plainte ? » Bader préfère ne pas rentrer dans un commissariat

Mis au courant de ces faits, l’avocat de Flavel, Me Pierre Brunisso, a transmis ce mercredi un signalement au procureur de la République de Meaux, évoquant une « subornation de témoin ». Dans ce signalement, l’avocat fait référence au contrôle du jeune Marco, le 24 mars, place de l’horloge. « Lors de ce contrôle, les policiers soutenaient vouloir faire taire Monsieur Bader Ibrahim en ce que celui-ci avait ”trop parlé”, une photographie du visage de Monsieur Bader Ibrahim était exposée. (…) Il est patent que Monsieur Bader Ibrahim est visé en raison de sa collaboration avec les services d’enquête. »

Hésitant sur la conduite à suivre, l’intéressé semblait quelque peu désemparé. « Porter plainte ? Mais je ne sais pas ce qui m’arriverait si je franchissais la porte d’un commissariat. Je n’ai pas confiance. »

Ce jeudi 26 mars, une conférence de presse sera organisée au siège de la LDH pour expliquer pourquoi l’association a décidé de se joindre à l’action pénale aux côtés des victimes. De nouveaux éléments, « remettant en cause le narratif des forces de l’ordre », seront également rendus publics.

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