Elena Crespi : « En France, la société civile est perçue comme un ennemi de l’intérieur »
Le monde associatif est dans la tourmente. D’un côté, des financements en forte baisse en 2025 et un projet de budget 2026 préoccupant. De l’autre, des entraves aux libertés qui se sont accélérées depuis l’adoption de la loi séparatisme de 2021. S’ils ne se recoupent pas, ces deux phénomènes ne sont pas indépendants l’un de l’autre, la pression sur les financements permettant de réduire les marges d’action des structures, notamment celles dont les propos sont les plus politiques ou les plus engagés.
Alternatives Economiques a récemment documenté ces difficultés. Mais comment la France se situe-t-elle dans l’espace européen sur la question des libertés ? La Fédération internationale des droits humains (FIDH) a publié fin septembre un rapport sur la question, dont Elena Crespi, responsable du programme Europe de l’Ouest de la fédération détaille les résultats.
Quel constat la Fédération internationale des droits humains (FIDH) dresse-t-elle sur les libertés associatives en France ?
Elena Crespi : Nous nous sommes intéressés aux libertés fondamentales, et notamment aux libertés associatives, à la liberté de réunion pacifique ou liberté de manifester, et au droit de défendre les droits humains. Le constat est alarmant. On observe un rétrécissement de l’espace civique. La société civile est affaiblie, entravée et attaquée. L’expression ne désigne pas seulement les associations, mais aussi toutes et tous les citoyen·nes qui décident de faire entendre leur voix par rapport aux causes qui leur tiennent à cœur.
Plutôt que d’être reconnue comme un pilier de la démocratie, la société civile est perçue comme une menace, ou un « ennemi de l’intérieur », y compris au plus haut niveau de l’Etat. Or, si les libertés d’association et de réunion pacifique peuvent être limitées en droit international, c’est seulement…
Le monde associatif est dans la tourmente. D’un côté, des financements en forte baisse en 2025 et un projet de budget 2026 préoccupant. De l’autre, des entraves aux libertés qui se sont accélérées depuis l’adoption de la loi séparatisme de 2021. S’ils ne se recoupent pas, ces deux phénomènes ne sont pas indépendants l’un de l’autre, la pression sur les financements permettant de réduire les marges d’action des structures, notamment celles dont les propos sont les plus politiques ou les plus engagés.
Alternatives Economiques a récemment documenté ces difficultés. Mais comment la France se situe-t-elle dans l’espace européen sur la question des libertés ? La Fédération internationale des droits humains (FIDH) a publié fin septembre un rapport sur la question, dont Elena Crespi, responsable du programme Europe de l’Ouest de la fédération détaille les résultats.
Quel constat la Fédération internationale des droits humains (FIDH) dresse-t-elle sur les libertés associatives en France ?
Elena Crespi : Nous nous sommes intéressés aux libertés fondamentales, et notamment aux libertés associatives, à la liberté de........
