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6 graphiques pour tirer les leçons politiques des canicules

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09.07.2026

Bienvenue dans le futur. Après un premier épisode de chaleur inédit par sa précocité en mai, puis une vague de chaleur inédite par son intensité en juin, une nouvelle canicule touche la France début juillet tandis que les premiers grands incendies commencent à frapper le sud du pays. S’il y a de quoi être sidéré par cette série d’événements, en particulier par la canicule de fin juin, « historique » selon Météo France, il s’agit surtout d’un nouvel aperçu de ce qui nous attend dans les prochaines décennies, de plus en plus régulièrement. 

Les records locaux de températures ont déjà été battus par centaines. Au niveau national, les quatre après-midis et les quatre nuits les plus chaudes de l’histoire du pays ont toutes eu lieu entre le 22 et le 26 juin. Pour la première fois depuis le début des relevés, l’indicateur thermique national – la moyenne des températures sur 24 heures en France métropolitaine – a dépassé les 30 °C (30,02 °C le 24 juin), battant les records de 2019 et 2003 (29,4 °C). Même si la canicule de 2003 conserve un indice de sévérité plus élevé, car cet indicateur prend aussi en compte la longueur de l’épisode.

Mais alors que la canicule de 2003 pouvait prendre au dépourvu la population et les pouvoirs publics – même si le président Chirac affirmait dès 2002 que « notre maison brûle » – qui peut s’estimer surpris par la survenue d’un tel événement en 2026 ? Pas les nombreux scientifiques qui avertissent depuis longtemps que les vagues de chaleur deviennent plus intenses, plus précoces, et plus fréquentes. En 2026, elles ont été tout cela en même temps. Un chiffre suffit à mesurer cette accélération : sur les 52 vagues de chaleur qui ont touché la France depuis 1947, la moitié a eu lieu après 2010.

Est-ce cette avalanche de records de chaleur qui permet à Emmanuel Macron de déclarer qu’on « ne s’adapte pas à un pic qui n’a pas d’équivalent aujourd’hui en Europe et qui n’a jamais eu d’équivalent dans notre histoire » ? Est-il nécessaire de lui rappeler cette réalité scientifique selon laquelle, en contexte de réchauffement, « utiliser les canicules du passé pour s’adapter aux futures est une faute », comme l’affirme le climatologue Christophe Cassou dans Le Monde ?

Un bilan humain déjà lourd

Une telle faute ne ferait qu’aggraver le bilan humain des prochaines canicules. Pour 2026, celui-ci s’avère déjà lourd. Pendant l’épisode de chaleur de mai 2026, plus de 300 décès en excès ont été constatés dans les 17 départements concernés par la vigilance canicule, selon Santé publique France. Essentiellement des personnes de plus de 75 ans.

Quant à la vague de chaleur de juin 2026, elle a causé la mort de plusieurs milliers de personnes. Après une première évaluation d’environ mille morts, Santé publique France avance un second chiffre de « 2025 décès en excès » chez les 45 ans et plus, tout en précisant que ce chiffre est « sous-estimé » car reposant sur des remontées de données........

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