Pourquoi les prix du pétrole ne baissent pas alors que les exportations ont repris
Fin septembre, les exportations de pétrole brut et de condensats du Moyen-Orient sont revenues à leurs niveaux d’avant-guerre, selon l’entreprise spécialisée Kpler. Sur le papier, voilà une bonne nouvelle pour les prix de l’énergie. Pourtant, le cours du baril de pétrole reste bloqué à plus de 100 dollars, et est même en hausse depuis début octobre. Comment expliquer ce paradoxe ?
D’abord, les augmentations d’exportations cachent des carences de production qui se poursuivent. « Au 6 octobre, environ 5 millions de barils par jour (Mb/j) de production de pétrole brut et de condensats du Moyen-Orient restent à l’arrêt par rapport aux niveaux de février 2026, une part importante provenant d’Iran », écrit ainsi l’analyste Johannes Rauball, de Kpler. Pour ces raisons, il estime donc que la récente reprise des exportations sera probablement de courte durée.
Mélange d’hydrocarbures récupéré en sortie de puits, souvent vendu en tant que pétrole brut léger.
Mélange d’hydrocarbures récupéré en sortie de puits, souvent vendu en tant que pétrole brut léger.
« Le prix du pétrole résulte de transactions sur deux marchés liés : le marché physique, où s’achètent les cargaisons, et les marchés à terme, où se négocient des contrats pour des livraisons futures. Les références comme le Brent reflètent l’équilibre entre production, consommation et stocks, mais aussi les anticipations », explique Patrice Geoffron, professeur d’économie et directeur du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières (CGEMP).
Les anticipations ont joué un rôle important au début de la guerre israélo-américaine contre l’Iran. Avant même le 28 février, date du début des bombardements, les prix ont commencé à monter, traduisant l’inquiétude sur le détroit d’Ormuz, par où transite 20 % de l’offre mondiale.
« Le franchissement des 100 dollars, le 9 mars, correspondait à la crainte d’une interruption majeure des........
