Au Soudan, la guerre entraîne le pillage généralisé de la population et des ressources
Les deux factions armées qui s’affrontent au Soudan depuis 2023 se battent pour s’emparer du pouvoir, mais également des matières premières, dont l’or. Au prix de massacres et de violences extrêmes.
Massacres de civils, violences sexuelles généralisées, enfants soldats, famine, aide humanitaire entravée… Le Darfour, et notamment la ville d’El-Fasher, sont devenus « l’épicentre mondial de la souffrance humaine », résume Tom Fletcher, chef des affaires humanitaires de l’ONU.
Cette région de l’ouest du Soudan…
Massacres de civils, violences sexuelles généralisées, enfants soldats, famine, aide humanitaire entravée… Le Darfour, et notamment la ville d’El-Fasher, sont devenus « l’épicentre mondial de la souffrance humaine », résume Tom Fletcher, chef des affaires humanitaires de l’ONU.
Cette région de l’ouest du Soudan se trouve au cœur de la guerre que se livrent, depuis 2023, les Forces de soutien rapide (FSR), groupe paramilitaire dirigé par Mohamed Daglo, dit Hemetti1, et l’armée régulière du général Abdel Fattah Al-Bourhane.
La rupture entre les deux chefs de guerre date d’avril 2023 et a fait basculer leur pays dans un conflit sanglant, qui a fait plus de 200 000 morts et 14 millions de déplacés. Leur rivalité pour le contrôle du pouvoir se double d’enjeux économiques.
« Contrôler l’Etat, c’est contrôler des ressources. Cela permet aussi d’obtenir et de distribuer des contrats publics, des postes importants », signale Raphaëlle Chevrillon-Guibert, chercheuse à l’Institut de recherche pour le développement (IRD).
La prédation de l’or
Avant de précipiter leur rupture, ces enjeux de contrôle des ressources ont d’abord réuni Hemetti et Al-Bourhane. Revenons en 2019. Au début de cette année-là, un large mouvement de protestation réclame le départ de l’autocrate Omar Al-Béchir, alors au pouvoir depuis 1989. Il est finalement renversé par l’armée en avril et un accord de transition démocratique est signé entre les militaires et les manifestants. Ces derniers entreprennent alors de démanteler les actifs de l’ancien régime.
« Un comité civil est mis en place et il est assez efficace dans sa tâche de reprendre le contrôle des éléments clés de l’activité économique », poursuit Raphaëlle Chevrillon-Guibert.
L’un de ses objectifs phare est la réforme du secteur minier et notamment aurifère (lié à l’or).
« L’armée et les FSR sont furieux de voir leurs réseaux économiques menacés par des civils. C’est sans doute la........© Alternatives Économiques
