menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Dans la musique classique, une petite caste orchestre la concentration des pouvoirs

43 0
28.03.2026

Une poignée d’artistes stars et de programmateurs contrôlent des festivals, des labels, des agences artistiques, et accaparent les financements. Cette mainmise suscite des crispations de plus en plus vives dans le milieu.

A la suite des révélations en septembre de Mediacités et de La lettre du musicien, entraînant la réalisation d’un audit, René Martin a quitté la direction de la Folle journée de Nantes et du Festival international de piano de La Roque-d’Anthéron. Si les accusations portent sur des « comportements inappropriés », cette affaire vient aussi mettre en lumière la problématique de la concentration dans le paysage musical classique.

A la suite des révélations en septembre de Mediacités et de La lettre du musicien, entraînant la réalisation d’un audit, René Martin a quitté la direction de la Folle journée de Nantes et du Festival international de piano de La Roque-d’Anthéron. Si les accusations portent sur des « comportements inappropriés », cette affaire vient aussi mettre en lumière la problématique de la concentration dans le paysage musical classique.

Avec sa structure du Centre de réalisation et d’études artistiques (Créa), basé à Nantes, René Martin a longtemps été à la tête d’un grand nombre de manifestations musicales de premier plan : outre la Folle journée et La Roque-d’Anthéron, il faut citer La grange de Meslay, Musique sacrée à Fontevraud, Les moments musicaux de La Baule… Sans oublier l’international : la Folle journée compte des déclinaisons à Varsovie et à Tokyo. Au final, le Créa organisait près de 1 200 concerts par an.

C’est ainsi que des artistes, en particulier des pianistes, pouvaient faire presque exclusivement leur carrière au sein de ces festivals. Ils sont d’ailleurs un certain nombre à avoir signé une lettre de soutien à René Martin, publiée en novembre dans Le Point, soulignant que ses festivals « font la fierté du monde musical en France et à l’étranger ».

L’enjeu de la concentration est d’autant plus fort que le même René Martin a également fondé en 2001 un label discographique, Mirare, où l’on retrouve sans........

© Alternatives Économiques