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Crise chez Grasset : que faire face à la mainmise croissante de l’extrême droite sur l’édition ?

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25.04.2026

Après l’éviction d’Olivier Nora de chez Grasset, de nombreuses voix appellent à la création d’une clause de conscience pour les auteurs et à lutter contre la concentration du secteur.

Dans les allées du Festival du livre de Paris, qui se tenait du 17 au 19 avril, les professionnels de l’édition ne parlaient que de cela : le licenciement d’Olivier Nora, directeur de Grasset depuis plus de 25 ans, par l’actionnaire Vincent Bolloré, intervenu mardi 14 avril. Grasset appartient au groupe Hachette, numéro un français de l’édition et numéro trois mondial, repris en 2023 par le milliardaire breton.

Olivier Nora a été immédiatement remplacé par Jean-Christophe Thiery, qui a fait… 

Dans les allées du Festival du livre de Paris, qui se tenait du 17 au 19 avril, les professionnels de l’édition ne parlaient que de cela : le licenciement d’Olivier Nora, directeur de Grasset depuis plus de 25 ans, par l’actionnaire Vincent Bolloré, intervenu mardi 14 avril. Grasset appartient au groupe Hachette, numéro un français de l’édition et numéro trois mondial, repris en 2023 par le milliardaire breton.

Olivier Nora a été immédiatement remplacé par Jean-Christophe Thiery, qui a fait toute sa carrière aux côtés de Vincent Bolloré, supervisant la chaîne Direct 8 ou le journal Direct Matin, avant d’arriver à Hachette Livre comme directeur général délégué.

Quelle est la raison du départ d’Olivier Nora ? L’éditeur aurait voulu attendre la rentrée de septembre pour sortir le nouveau livre de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, alors que ce dernier préférait juin. A cela se serait ajouté le refus de publier un ouvrage de l’essayiste catholique conservateur Nicolas Diat.

Suite à l’annonce du départ d’Olivier Nora, plus de 240 auteurs ont annoncé quitter Grasset. « Une telle hémorragie d’auteurs, c’est du jamais-vu dans l’histoire de l’édition », souligne Patrice Locmant, directeur général de la Société des gens de lettres (SDGL). Mais pas de quoi ébranler Vincent Bolloré qui réplique dans le JDD, dont il est le propriétaire, et pointe la baisse du chiffre d’affaires de Grasset entre 2024 et 2025 (passé de 16,5 millions d’euros à 12 millions d’euros) ainsi que la rémunération d’Olivier Nora, d’environ 1 million d’euros par an.

Mais l’argument économique vient difficilement masquer l’enjeu idéologique. D’autant que Grasset n’est pas le premier cas : dès l’acquisition d’Hachette, Bolloré a transformé les éditions Fayard. Autrefois reconnue pour la qualité de ses essais historiques, cette maison est devenue la vitrine des politiques d’extrême droite, publiant les ouvrages de Jordan Bardella, Philippe de Villiers, Marion Maréchal…

Une concentration vertigineuse

Patrice Locmant tient à rappeler que « la SDGL s’est portée tiers intéressée dès 2022 auprès de la Commission européenne pour alerter, au-delà de l’enjeu de concentration, du risque de mainmise idéologique que représentait l’acquisition d’Hachette par Vincent Bolloré ». Pour contrer l’abus de position dominante, Bruxelles a obligé Bolloré à vendre Editis........

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