Le CH va-t-il perdre son génie des gardiens?
Le Canadien va-t-il perdre son génie des gardiens, Vincent Riendeau, parce qu’il est trop bon dans ce qu’il fait ? C’est lui qu’il faut remercier pour chacune des 26 victoires de Jakub Dobes cette saison, et il semble mûr pour un nouveau défi.
À travers la Ligue nationale, les gens sont impressionnés par le nombre d’espoirs de qualité que l’organisation a repêchés entre les poteaux.
Riendeau, qui a occupé diverses fonctions avec les Bulldogs de Hamilton et le Canadien depuis 2012, c’est toute une tête de hockey, dit-on.
« Ce gars-là fait un travail incroyable », s’est exclamé un agent de joueurs qui a préféré garder l’anonymat.
Le problème, c’est que les autres équipes un peu partout sur la planète s’en rendent compte. Entre les branches, on entend qu’il est presque devenu le directeur général d’une équipe en Allemagne l’an dernier.
Récemment, il est entré dans des négociations sérieuses avec le club de Shanghai, en Chine, dans la Ligue continentale (KHL). Le CH a donné la permission à l’équipe chinoise de discuter avec son homme. Des négos assez sérieuses pour qu’il soit question de salaire.
L’avenir de Riendeau à Montréal est plus ou moins clair. Un employé de Shanghai discute avec moi, tout bonnement, comme si c’était déjà fait... que Riendeau était le nouveau DG des Dragons. Je vais me garder une gêne avant d’avoir vu l’encre sur le papier.
Des individus dans son entourage, eux, me rapportaient qu’il était en réflexion. Je serais surpris qu’on obtienne des confirmations cette saison alors que Riendeau a encore des obligations contractuelles avec le CH.
« Ils ne doivent absolument pas perdre Vinny... », m’a lancé une source gravitant dans la LNH qui estime que le CH doit faire des pieds et des mains pour le garder.
Officiellement, Riendeau est devenu recruteur des gardiens du CH en 2019, après avoir travaillé au développement. Il a depuis préparé le terrain pour la vie sans Carey Price.
En amont du repêchage de 2020, ce sont Trevor Timmins et Riendeau qui avaient épié Dobes à Omaha, dans la USHL, le junior majeur aux États-Unis.
Ils ont eu du flair, parce que Dobes était alors un garçon bouillant qui se laissait emporter dans des spirales négatives malsaines à la moindre embûche. La suite, vous la connaissez.
Si Dobes devient un véritable gardien numéro un, c’est sans doute le vol du repêchage de 2020, au cinquième tour (136e rang au total). Je veux bien concéder qu’il y a un débat à avoir avec l’olympien Brock Faber, mais Faber reste un choix de deuxième ronde...
« Vinny a toujours cru en Dobes », m’a confié un ancien recruteur du Canadien.
Banque pleine à craquer
L’ère Gorton-Hughes a coïncidé avec la fin de parcours de Price.
Depuis, avec l’aide de Riendeau et ses autres recruteurs, la nouvelle administration a renfloué les coffres à la position de gardien avec une efficacité tellement chirurgicale qu’elle n’a plus de place pour tout le monde.
Voici l’exemple le plus frappant. Emmett Croteau a été le premier gardien repêché par Hughes et Gorton en 2022. Le CH était alors vraiment emballé par son potentiel.
Croteau vient d’éclore dans la NCAA avec une superbe saison à l’Université Dartmouth : fiche de 15-5-4, moyenne de buts alloués de 1,93, taux d’efficacité de ,922... tout ça doublé d’une considération au trophée Mike Richter remis au gardien par excellence du circuit.
Il a fait écarquiller les yeux et on me dit que d’autres équipes ont maintenant de l’intérêt pour lui dans la LNH. Mais quand la saison de Croteau s’est terminée, le Tricolore ne pouvait pas s’engager à lui offrir un contrat d’entrée dans le circuit Bettman.
L’ennui, c’est que depuis la sélection de Croteau, le Canadien a repêché Jacob Fowler, Yevgeni Volokhin, Quentin Miller et Alexis Cournoyer, tous des gardiens qui connaissent ou ont connu de bonnes saisons dans leurs ligues respectives.
À la position de gardiens, le CH a un problème que j’adorerais avoir : être trop riche.
Et quand ça va trop bien, on peut perdre un employé modèle comme Riendeau ou un gardien comme Croteau.
Parce que, oui, d’ici le 1er juin, Croteau pourrait décider de se désister de la NCAA et, ce faisant, il deviendrait joueur autonome sans compensation 30 jours plus tard, et un an plus tôt que prévu. Aucune décision n’a été prise pour l’instant.
C’est la réalité d’une équipe en santé. Si les autres équipes ne voulaient pas des employés ou des gardiens du Canadien, là, on aurait un méchant problème.
