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Comment le génie de George Sand a été minimisé par l'histoire littéraire

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19.06.2026

Rares sont les écrivaines qui furent aussi célèbres que George Sand de leur vivant. Autrice de plus de 90 œuvres, de plus de 400 articles, de milliers de lettres, connue dans toute l’Europe, il est impossible de l’effacer totalement de l’histoire littéraire du XIXe siècle, mais son prestige a tout de même été largement atténué par la critique. Elle n’a été réhabilitée que dans les années 1970-80, par le biais des études féministes.

L’année 2026 marque l’anniversaire des 150 ans de la mort de George Sand. La relire, c’est redécouvrir son apport artistique et intellectuel, mais aussi comprendre comment le génie féminin a été systématiquement dénié par un canon littéraire reléguant les femmes à la portion congrue. Quand on ne peut nier une autrice reconnue, il reste une solution pour en effacer l’importance : minimiser son apport. Joanna Russ répertorie ces techniques dans Comment torpiller l’écriture des femmes ?.

Une femme scandaleuse ? Non, un bourreau de travail et une amie fidèle

L’exposition : “Caricaturer George Sand – De la satire à l’égérie républicaine” qui se tient en ce moment aux Archives de l'Indre déplie toute l’ampleur des attaques et des caricatures qu’elle a subies au cours de sa vie.

Pour Baudelaire, Nissart, ou les frères Goncourt « Le génie est mâle. L’autopsie de Mme Stael ou de Mme Sand aurait été curieuse : elles doivent avoir une construction un peu hermaphrodite ». Le pseudonyme d’Aurore Dupin, « George Sand », est né d’une stratégie d’éditeur. Son premier roman écrit avec Jules Sandeau, Rose et blanche connaît le succès avec pour auteur un Jules Sand inventé de toutes pièces. Pour les écrits qu’elle produit seule, ils créent le pseudo George Sand. George signifie celui qui travaille la terre étymologiquement et George Sand est une grande travailleuse, aimant la terre.

L’autrice se fait remarquer en portant parfois le pantalon alors interdit aux femmes, et en fumant comme ses amis écrivains. Divorcée et indépendante, elle gagne sa vie dans un monde d’hommes. Elle écrit la nuit, en fumant et en buvant du café. « Le cigare et le café ont pu seuls soutenir ma pauvre verve à 200fr la feuille » déclare-t-elle.

La presse s’intéresse à ses relations avec des célébrités : l’actrice Marie Dorval, Musset à Venise, Chopin à Majorque, et condamne la femme volage. Il est moins souvent question de son soutien........

© The Conversation