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Le contreterrorisme selon Trump : une vision plus idéologique que sécuritaire

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21.05.2026

La stratégie antiterroriste 2026 des États-Unis qui vient d’être officialisée par l’administration Trump instrumentalise la lutte contre le terrorisme pour servir une vision idéologique. S’attaquant aux « extrémistes d’ultragauche », elle n’évoque pratiquement pas les mouvements d’extrême droite, qui commettent pourtant plus de crimes violents.

Les États-Unis publient régulièrement des stratégies nationales de contreterrorisme afin de définir les principales menaces et les priorités de l’administration en matière de sécurité. Ces documents existaient avant le 11 septembre 2001, mais ce jour-là a profondément transformé leur importance, la lutte antiterroriste devenant alors l’axe central de la sécurité nationale américaine.

La première National Strategy for Combating Terrorism de l’ère post 9-Septembre est publiée par l’administration Bush en 2003 dans le cadre de la « Global War on Terror ». Depuis, chaque administration a adapté ses priorités selon le contexte stratégique et les menaces perçues.

Ces stratégies ne sont pas juridiquement contraignantes, mais elles jouent un rôle important d’orientation politique et bureaucratique. Elles influencent les priorités des agences fédérales, les budgets, les doctrines de sécurité et les relations avec les alliés. Surtout, elles révèlent la perception que Washington se fait des principales menaces pesant sur les États-Unis et des réponses à y apporter.

Le document officiel publié par la Maison-Blanche mi-mai, intitulé « 2026 Counterterrorism Strategy », place désormais dans une même catégorie – celles des sources de menaces majeures pour les États-Unis – les cartels, les réseaux djihadistes et les « extrémistes violents d’ultragauche ». Le blocage de l’immigration, le renforcement du contrôle des frontières, la lutte contre « l’ennemi intérieur » et la défense du « mode de vie américain » y sont présentés comme des thèmes centraux du contreterrorisme.

Ce qui est absent du document est toutefois tout aussi révélateur. Derrière les menaces mises en avant se dessinent plusieurs angles morts majeurs, dans un contexte de politisation croissante des questions de sécurité nationale.

Quand le contreterrorisme devient politique

La Stratégie insiste fortement sur la supposée « instrumentalisation » des outils sécuritaires sous l’administration Biden et l’accuse à plusieurs reprises d’avoir employé les services de renseignement et de lutte antiterroriste pour s’en prendre aux Américains conservateurs, notamment en adoptant des mesures visant à protéger contre l’intervention de ceux-ci la tenue dans les écoles de réunions sur les questions de genre ou les restrictions sanitaires. Le document inscrit ainsi une partie des fractures politiques et culturelles........

© The Conversation