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À Tchernobyl, quarante ans après la catastrophe, une nature revivifiée mais sous une nouvelle menace

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25.04.2026

À Tchernobyl, quarante ans après la catastrophe, une nature revivifiée mais sous une nouvelle menace

Paul Boyer, Pierre Terraz – Édité par Émile Vaizand – 25 avril 2026 à 9h00

Interdite aux humains depuis l'accident nucléaire du 26 avril 1986, mais reconquise par la faune et la flore, la zone d'exclusion de Tchernobyl révèle un paradoxe troublant: la vie sauvage s'y développe, malgré des radiations toujours extrêmes et les risques désormais posés par la guerre en Ukraine.

Temps de lecture: 6 minutes

À Tchernobyl et Prypiat (oblast de Kiev, Ukraine).Chaussures rangers aux pieds, le scientifique ukrainien Denis Vishnevskiy enjambe un tronc d'arbre mort, avant d'avancer doucement dans les feuillages de la forêt de Tchernobyl, dans le nord de l'Ukraine. Dans le calme olympien du mois d'avril, le sol tremble tout à coup au passage de chevaux à l'allure imposante. Reconnaissables à leur petite taille et leur robe couleur daim, ces équidés ont la réputation d'être indomptables.

«Ce sont des chevaux de Przewalski, la dernière espèce de chevaux sauvages au monde, qui avait complètement disparu de son habitat naturel en Asie au milieu du XXe siècle. Nous en comptons environ 140 dans toute la zone d'exclusion», chuchote le scientifique, accroupi derrière des roseaux, tel un guépard qui observe sa proie. Pas à pas, le chef du département scientifique de la Réserve de biosphère écologique et radioactive de Tchernobyl se rapproche des bêtes qu'il étudie depuis des années. À son arrivée dans la zone d'exclusion, il y a vingt-cinq ans, la population des chevaux de Przewalski était sept fois inférieure à aujourd'hui.

«Étudier un écosystème post-humain»

C'est sur les bancs de l'université de Kiev que le docteur Vishneyski a développé un intérêt pour la biosphère radioactive, en feuilletant un ouvrage sur la prolifération d'animaux dans la région. Assis derrière son bureau, il se rappelle avec émotion de ces années.

«Ce qui m'intéresse, c'est la manière dont les écosystèmes sont affectés par une catastrophe nucléaire. Étudier le milieu naturel à Tchernobyl, c'est un peu comme étudier un écosystème post-humain», sourit Denis Vishnevskiy. L'essence de son travail consiste à surveiller l'évolution de la faune et de la flore dans cet environnement contaminé. «Sur les 2.600 kilomètres carrés que comprend la zone d'exclusion, 2.270 km2 sont aujourd'hui protégés pour leur biosphère unique», précise le scientifique.

Denis Vishnevskiy, responsable du département scientifique de la Réserve de biosphère écologique et radioactive de Tchernobyl, analyse un insecte récolté dans la zone d'exclusion, dans son bureau, à Tchernobyl, le 14 avril 2026. | Pierre Terraz

Peu de sols peuvent se targuer........

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