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De Gaza à l'Iran: pourquoi les Israéliens soutiennent la guerre mais pas Benyamin Netanyahou

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01.04.2026

De Gaza à l'Iran: pourquoi les Israéliens soutiennent la guerre mais pas Benyamin Netanyahou

Elizabeth Sheppard Sellam – 1er avril 2026 à 19h55

Si la population israélienne appuie largement l'opération militaire menée contre Téhéran avec l'aide des États-Unis, ce soutien ne se traduit pas pour autant par une franche adhésion au gouvernement en place. Loin de là.

Temps de lecture: 6 minutes

Près de 80% des Israéliens soutiennent les opérations militaires visant l'Iran. Cette cohésion, qui repose sur une perception largement partagée du caractère existentiel de la menace iranienne pour la survie du pays et qui prolonge en quelque sorte le ralliement autour du drapeau constaté après le 7 octobre 2023, ne dit pas tout de la situation politique. Le gouvernement de Benyamin Netanyahou demeure impopulaire, la non-conscription des ultraorthodoxes soulève de plus en plus de crispations et, sur le fond, les citoyens sont de plus en plus nombreux à s'interroger sur l'issue des guerres sans fin dans lesquelles leur pays est engagé.

Le passage de la guerre à Gaza à une confrontation ouverte avec l'Iran marque pour Israël un tournant stratégique majeur. D'un enchaînement d'opérations répétées, parfois longues mais circonscrites, à des fronts identifiés, le pays bascule vers une conflictualité régionale plus diffuse, impliquant davantage d'acteurs et s'étendant sur un espace élargi. Cette évolution ne correspond pas seulement à une intensification du conflit, mais à un véritable changement de nature. Elle installe Israël dans une confrontation durable, où les enjeux de sécurité s'imposent comme un cadre structurant du débat public et politique.

Dans ce contexte, plusieurs questions se posent. Comment une société confrontée à une insécurité durable évolue-t-elle politiquement? Dans quelle mesure la perception d'une menace majeure produit-elle une forme de cohésion sans effacer les divisions internes? Et comment cette tension s'exprime-t-elle dans un contexte de guerre prolongée et d'échéances électorales?

Ralliement autour du drapeau

Contrairement à une grande partie de l'Europe occidentale, où les menaces sont souvent perçues comme lointaines, cette expérience est en Israël immédiate et concrète. Les attaques du 7-Octobre, les déplacements massifs de populations dans le sud puis dans le nord d'Israël, les tirs répétés et les pertes humaines ont profondément transformé les perceptions collectives. Cette expérience directe de la guerre rapproche Israël de certains pays d'Europe orientale, notamment les États baltes ou l'Ukraine, où les préoccupations sécuritaires structurent les choix politiques. Elle constitue aussi une ligne de fracture au sein de l'Europe elle-même.

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