Après la mort de Quentin Deranque, trois militantes lyonnaises de l’ex-Jeune Garde sortent du silence
Dossier Quentin Deranque : la mort d’un jeune néofasciste
Après la mort de Quentin Deranque, trois militantes lyonnaises de l’ex-Jeune Garde sortent du silence
Membres du groupe antifasciste jusqu’à sa dissolution en juin 2025, elles réagissent au décès du jeune activiste d’extrême droite, racontent leurs itinéraires politiques et s’accrochent, tant bien que mal, au concept d’« autodéfense » promu par leur organisation.
Camille Polloni et Laura Wojcik
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DepuisDepuis le 13 février et la rixe qui a coûté la vie au militant néofasciste Quentin Deranque, les ancien·nes membres de la Jeune Garde, dissoute en juin 2025, se taisent.
Plusieurs ex-militants de l’organisation sont aujourd’hui mis en examen dans cette enquête pour homicide volontaire, dont Jacques-Élie Favrot, ancien collaborateur parlementaire du député insoumis Raphaël Arnault, cofondateur du groupe, aujourd’hui publiquement mis en cause pour ses méthodes.
Hormis un bref communiqué du député, deux posts Instagram de l’ex-porte-parole de la Jeune Garde Maya Valka et le témoignage d’un militant anonyme dans Le Parisien, la plupart des antifascistes passé·es par l’organisation préfèrent éviter de s’exprimer. En signe de solidarité, tout le milieu serre les rangs, quitte à mettre de côté les critiques adressées à la Jeune Garde avant les événements récents.
C’est donc une occasion rare qu’a saisie Mediapart en se rendant à Lyon, le 25 février, pour rencontrer trois anciennes militantes du groupe antifasciste. Celui-ci a contesté sa dissolution devant la juridiction administrative, mais l’audience qui devait se tenir en février au Conseil d’État a été reportée sine die. La Jeune Garde ne peut plus mener la moindre activité dans l’attente, sous peine de poursuites.
Si la Jeune Garde est connue pour avoir compté dans ses rangs une proportion de femmes plus importante que d’autres groupes antifascistes – l’organisation revendiquait 30 % de militantes, sans qu’il soit possible de vérifier ce chiffre –, personne ne conteste qu’elles restaient minoritaires. Le groupe n’échappait pas non plus à certains codes virilistes. Ce sont pourtant trois femmes qui se sont portées volontaires pour témoigner.
Elles ont posé quelques conditions à cet entretien, auquel a assisté leur avocate. Pour échapper au harcèlement, leur visage ne devait pas apparaître à l’écran et elles voulaient être désignées par des prénoms........
