Ève Szeftel : "La gauche s’attaque enfin au tabou de l’immigration : trop peu, trop tard ?"
En juillet 2025, Marianne titrait : « Immigration, sécurité… la gauche française à côté de la plaque ». Notre dossier s’appuyait sur une note de la Fondation Jean-Jaurès. Elle montrait que partout où la gauche avait rompu avec une approche centrée sur les minorités pour adopter une ligne plus ferme sur le régalien, elle avait gagné dans les urnes – au Danemark, en Grande-Bretagne, en Australie – ou remonté la pente – en Suède et au Québec.
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La gauche française est-elle enfin en train de prendre un tournant « post-sociétal », comme Jean-François Kahn, Christophe Guilluy ou Laurent Bouvet l’y encourageaient de longue date ? Tous trois avaient compris que l’insécurité économique ne suffisait pas à expliquer la sécession silencieuse des classes populaires. À la hantise du déclassement, nourrie par la mondialisation et la désindustrialisation, s’ajoutait une « insécurité culturelle » : le sentiment que l’immigration, notamment musulmane, bouleversait les modes de vie.
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Plusieurs candidats de gauche assument désormais des positions plus fermes. Pas LFI, qui continue de défendre un « accueil inconditionnel » et la régularisation massive des sans-papiers – Mathilde Panot l’a encore fait il y a quelques jours –........
