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Cancer, soie dentaire et gaspillage

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10.03.2026

EXPERT INVITÉ. Derrière un sourire se cache beaucoup de choses! Beaucoup de choses insoupçonnées! C’est ce que je me disais en me passant la soie dentaire ces derniers jours…

J’imagine que vous avez lu, tout comme moi, les résultats du docteur Alpdoğan Kantarci de l’Université du Minnesota, lors du congrès annuel de l’Association américaine pour l’avancement de la science à Phoenix, en février dernier, et publié ces jours-ci. Ce dentiste nous rappelle l’importance de prendre soin de ses dents, mais nous rappelle surtout les liens qui existent entre notre santé physique et notre santé buccale.

Avouons-le: lorsque nous parlons de brosses à dents, nous ne pensons presque jamais aux maladies de l’intestin, du foie, à Parkinson, à l’Alzheimer, au cancer colorectal, au diabète, à l’arthrite rhumatoïde, et j’en passe. Pourtant, toutes ces maladies peuvent être causées par une mauvaise hygiène buccale.

Oui, la qualité des aliments ingérée est primordiale pour notre santé, mais vous brossez-vous les dents? Vous passez vous la soie dentaire? Utilisez-vous un rince-bouche ? Combien de temps dure votre routine avant le coucher?

Peu d’entre nous y pensent vraiment, mais la bouche est la principale entrée du corps humain. Ce qu’on mange; ce qu’on boit et la façon dont nous entretenons notre bouche peuvent en dire beaucoup sur qui nous sommes.

Au Canada, le Régime canadien de soins dentaires aide à rendre les soins dentaires plus abordables pour les résidents canadiens admissibles. De 2025 à 2026, 1 766 567 demandes québécoises ont été soumises à ce régime. Le besoin et la popularité ne se démentent pas. Au Québec, près de deux tiers de la population bénéficie d’une couverture d’assurance dentaire en entreprise. Sans quoi, pour recevoir des soins dentaires gratuitement, vous devez être prestataire du Programme d’aide sociale ou du Programme de solidarité sociale depuis au moins 12 mois, sans interruption. De plus, les enfants de moins de dix ans bénéficient aussi gratuitement de plusieurs services, dont l’examen annuel, l’examen d’urgence, et l’extraction de dents et de racines.

Toujours au Québec, selon l’Institut national de la santé publique, en 2020-2021, 55 % de la population de 15 ans et plus estimait que sa santé buccodentaire était excellente ou très bonne, alors que près de 14 % la considéraient comme passable ou mauvaise. Aussi, plus de la moitié de la population québécoise de 15 ans et plus (57 %) avait consulté un dentiste au cours des douze derniers mois. Inversement, 43% de la population n’avait pas consulté depuis au moins 12 mois, si ce n’était pas plus. Soulignons que près de 80 % des visites dentaires étaient motivées par des examens de routine, des nettoyages ou des soins dentaires.

Selon le Conseil du travail du Canada, la massothérapie et la couverture des médicaments figurent parmi les soins et services les plus prisés par les Québécois, aux côtés de la chiropractie, de l’ostéopathie, de la physiothérapie et de l’acuponcture.

Malgré tout, la couverture pour les soins buccodentaires demeure l’un des avantages sociaux les plus populaires et les plus utilisés chez les employés québécois: un rappel que les RH ont tout intérêt à en faire une priorité.

Avant de rencontrer ma conjointe il y a un peu plus de 16 ans, j’avais probablement évité le dentiste pendant 16 ans. Comme près de la moitié des Québécois, je l’évitais pour X ou Y raison, et bien évidemment, aucune de ces raisons n’était valable.

Je vous épargne les détails du film d’horreur que j’ai présenté à ma dentiste, Racy Ly!

Depuis, je lui rends visite au moins deux fois par année. Près de 80 000$ plus tard, je peux vous confirmer que Racy Ly et moi sommes devenus proches. Ma bouche n’a plus aucun secret pour elle.

Mais, au-delà de ce que j’ai payé comme soin et au-delà de ma couverture d’assurance dentaire qui m’a permis de retrouver le sourire, se cache un angle mort.

Et je parle du gaspillage!

Tube de pâte à dents, paquet de soie dentaire, bouteille de rince-bouche, brosse à dents, consommation d’eau…

Questionnez ma conjointe et elle vous dira que j’ai changé du tout au tout depuis ma rencontre avec ma dentiste. Au Québec, plus de 80% de la population disent qu’une visite chez le dentiste fait « peur » à différents niveaux. Ils craignent la douleur et ils craignent leur dentiste, ce mal-aimé! Ce n’est plus mon cas. Toujours au Québec, depuis plusieurs décennies, le taux de suicide, la dépression, l’épuisement et la détresse psychologique chez les dentistes sont plus élevés que la moyenne québécoise, puisque les gens les craignent. Heureusement, ma dentiste semble bien se porter.

Depuis ma rencontre avec ma dentiste, je me brosse les dents religieusement et aucune journée ne file sans que je me passe la soie dentaire.

Un paquet de soie dentaire mesure 50 mètres. J’en consomme environ dix par an, ce qui équivaut à 500 mètres de soie par an et plus de 8000 mètres depuis que je suis avec ma conjointe. Je ne sais pas si vous vous en rendez compte, mais huit kilomètres de soie dentaire, c’est long longtemps. En poids, cela représente environ 800 grammes de soie dentaire. À ceci, s’ajoute le poids du contenant estimé à 20 grammes. Ces dernières années, j’ai consommé plus de 3200 grammes de plastiques. Au total, prendre soin de mes dents aura occasionné une consommation de plus de 4000 grammes, soit près de neuf livres. Ça semble bien peu, et j’en conviens, mais, pour une famille de quatre, ces chiffres augmentent rapidement, surtout durant une vie complète.

Question: de votre côté, que faites-vous avec toute cette soie dentaire? Est-ce que ça se recycle de la soie dentaire?

C’est anodin, je sais, mais je ne croyais jamais consommer et gaspiller autant, uniquement pour l’entretien de mes dents.


© Les Affaires