Faire la grève de la grève
EXPERT INVITÉ. La conciliation et la cohabitation de nos droits et de nos intérêts semblent irrémédiables, et à défaut de tenir la population fautive de leur ignorance face aux concepts syndicaux et face à la réalité des organisations syndicales et de leurs structures, nous sommes en droit de nous questionner sur la compréhension véritable de l’ensemble des employés syndiqués lorsqu’il est question de négociation, de moyen de pression, de portée des actions, et de leur véritable pouvoir de changement.
Selon un sondage Léger sur les conflits de travail, réalisé du 14 au 17 mars 2025 auprès de 1005 répondants, et présenté par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, 74 % des Québécois estiment que de trop nombreux conflits de travail nuisent à l’économie, et 62 % des personnes estiment qu’il y a actuellement trop de conflits de travail au Québec. En date du 24 mars 2025, il y avait 311 arrêts de travail recensés. En 2024, il y en avait 285, alors qu’il y en avait eu 230 en 2023, 161 en 2022 et 170 en 2021.
Les statistiques du ministère du Travail montrent que plus de 90 % des négociations se concluent sans arrêt de travail et qu’entre 2001 et 2022 seulement 7,4 % des négociations ont mené à une grève ou un lock-out,
D’emblée, une grève n’est pas un Lock-Out et vice-versa. Le Lock-Out est décrété par l’employeur, alors que la grève est décrétée par les membres syndiqués qui votent et octroient un mandat de grève à leur syndicat.
Dans le secteur public, la loi de 1985, dite de Loi sur le régime de négociation des conventions collectives dans les secteurs public et parapublic, interdit le recours au Lock-Out. La loi prévoit plutôt le recours à la médiation et à l’arbitrage. De plus, cette loi impose la conciliation avant le déclenchement d’une grève et oblige l’employeur et le syndicat à vérifier s’il y a obligation de décret ou non.
Dans l’éventualité où il y aurait obligation de maintenir les services essentiels, le syndicat impliqué dans le processus de négociation, doit se présenter devant les 8 membres du Conseil des services essentiels afin d’exposer les moyens de pression retenus et doit négocier leur mise en œuvre afin d’impacter le moins possible la........
© Les Affaires
