L’après-Trump: oui, un retour à la normale est possible, M. Carney
ANALYSE GÉOPOLITIQUE. C’est devenu un mantra répété par nos leaders, incluant le premier ministre Mark Carney, depuis le début de la guerre commerciale lancée par Donald Trump: les États-Unis ont changé durablement et la relation du Canada avec son puissant voisin ne sera plus jamais la même. Si nous sommes actuellement dans l’œil de l’aigle, un retour à la normale est toutefois possible à terme pour des raisons politiques, économiques et culturelles. Sans parler de plusieurs exemples historiques de pays ennemis qui sont devenus des alliés par la suite.
Il ne s’agit bien entendu pas ici de minimiser la détérioration des relations du Canada avec l’administration républicaine de Donald Trump. Depuis janvier 2025, le locataire de la Maison-Blanche se conduit avec le Canada comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.
Tarifs douaniers, violation de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), menace d’annexion du Canada pour en faire le 51e État américain… Nous en avons vu de toutes les couleurs depuis 15 mois. Et c’est loin d’être terminé.
Il reste deux ans et neuf mois à la présidence de Donald Trump, qui prend fin officiellement le 20 janvier 2029 à midi!
Cela dit, les élections de mi-mandat, en novembre, pourraient affaiblir son pouvoir si les républicains perdent les deux chambres au Congrès – ils contrôlent actuellement le Sénat, tandis que les démocrates ont la majorité des sièges à la Chambre des représentants.
En revanche il ne faut pas exclure que Donald Trump essaie de perturber ces élections ou de s’accrocher à nouveau au pouvoir en 2028, comme il a tenté de le faire le 6 janvier 2021.
Ses partisans avaient alors attaqué le Capitole, lors d’une insurrection (et non une tentative d’un coup d’État classique, qui aurait impliqué la participation des services secrets et de l’armée) qui visait à empêcher la certification de la victoire de Joe Biden lors de la présidentielle de novembre 2020.
Le 6 janvier 2021, des partisans du président sortant Donald Trump ont pris d’assaut le Capitole à Washington (Photo: Getty Images)
Nous ne reconnaissons plus les États-Unis
Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir en janvier 2025, la plupart d’entre nous ne reconnaissent plus ce pays, que la majorité des Canadiens et des Québécois appréciaient en général auparavant, hormis les partisans d’un antiaméricanisme idéologique qui a toujours existé depuis la guerre froide.
Le lien de confiance est rompu avec les États-Unis. Et l’antiaméricanisme est maintenant généralisé, et on comprend très bien........
