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04h03

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27.03.2026

Dans la nuit noire, la mer est mauvaise. A bord de l’Ocean Viking, les lumières rouges éclairent le pont. Le navire tangue lourdement dans des vagues de plus de deux mètres. Quelque part, dans cette obscurité, des personnes dérivent sur un morceau de bois entouré de boudins en plastique. Nous le savons grâce à la «hotline» Alarm Phone. Nous monitorons le cas. Nous nous couchons tard, à tour de rôles, stressé·es.

Depuis plusieurs heures, nous suivons cette embarcation à la dérive. Un simple bateau en plastique, avec «35 personnes à bord, dont trois enfants». Leur position se trouve à environ 70 milles nautiques – 130 kilomètres – de la nôtre, dans la zone de recherche et de sauvetage libyenne.

La dernière fois que nous sommes entré·es dans cette zone, notre équipe a été prise sous le feu d’armes de guerre pendant près de vingt minutes. Cinq de mes équipier·es actuellement à bord l’ont vécu. La tension est là.

Vers 22h30, nous estimons pouvoir croiser leur route aux alentours de 2h30 du matin. La mer est mauvaise: des vagues de plus de deux mètres, près de vingt nœuds de vent.

Nous savons que nous devons nous reposer avant d’affronter cela. Nous savons aussi que dehors, sur cette mer où nous avons déjà du mal à marcher droit à bord d’un........

© LeCourrier