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L’IA, cette grande insatiable

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En 2009, une recherche sur Google consommait environ 0,3 Wh d’électricité – soit autant qu’une ampoule de 60 watts allumée pendant dix-huit secondes, selon la multinationale. Etonnamment, c’est la même consommation qu’un prompt standard sur ChatGPT, selon l’ONG Epoch AI. Un bel exemple des progrès réalisés en efficience énergétique des centres de calcul.

Il ne s’agit cependant que d’une valeur moyenne, car la dépense d’énergie générée par un prompt dépend de sa complexité, du temps de calcul de l’IA et du modèle utilisé. Elle augmente avec le nombre de paramètres du réseau de neurones artificiels, qui va par exemple de 10 à 400 milliards selon les variantes pour le modèle open source Llama 3.1. Les chiffres de ChatGPT ne sont pas publics.

Mais ce gain d’efficacité ne compense pas la croissance exponentielle de l’usage des outils numériques, nourrie notamment par l’IA. Aux Etats-Unis, les besoins en électricité des centres de données, restés relativement stables entre 2014 et 2016, ont ensuite augmenté de plus en plus vite et ont triplé en moins de dix ans, selon un rapport du Lawrence Berkeley National Laboratory établi fin 2024. Avec 180 TWh, ils consomment 4% de la demande nationale. L’IA représentait un quart de cette consommation des infrastructures de données en 2023.

Cette part devrait atteindre la moitié jusqu’en 2028 et devancer les cryptomonnaies. La dépense énergétique de l’entraînement des modèles d’IA devrait alors avoir dépassé celle de leur utilisation. Les prédictions de l’Agence internationale de l’énergie sont semblables, avec une consommation mondiale des centres de données qui devrait se multiplier par trois voire quatre d’ici à l’an 2035.

La Suisse championne des centres de données

Cette tendance se retrouve également en Suisse: en 2019, les centres de calcul représentaient 3,6% de la demande d’électricité nationale. Cette part était de 6-8% en 2025. Et elle pourrait atteindre 15% d’ici à 2030, selon une enquête de la SRF. «La Suisse est devenue une terre d’accueil pour les data centers, constate Louise Aubet, responsable de la recherche de Resilio, un cabinet romand de conseil en impact environnemental du numérique. Par........

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